Alain Tchakounte
11 Septembre 2009
Hier à Douala, s'est ouverte la réunion sur l'étude de faisabilité du projet de transfert d'eau de l'Oubangui vers le Lac Tchad.
Il faut sauver le Lac Tchad. C'est le leitmotiv de tous les experts et représentants des pays de la commission du bassin du Lac Tchad (CBLT) et de la Commission internationale du bassin du Congo Oubangui Sangha (CICOS). Réunis hier dans un hôtel de la capitale économique, les différents responsables cogitent autour des aspects techniques du projet de tous les espoirs pour le bassin du lac Tchad : le transfert d'eau du fleuve Oubangui vers le lac Tchad. Projet fastidieux et exaltant s'il en est, ce transfert d'eau a été décidé en 1994 au Nigeria lors du 8e Sommet de la CBLT, par les chefs d'Etat qui soulignaient la nécessité du transfert des eaux interbassin comme solution durable à l'assèchement du lac Tchad. 15 ans plus tard, les choses n'ont pas trop bougé, et c'est peu de dire qu'il y a urgence.
Le secrétaire exécutif de la CBLT à l'ouverture des travaux l'a d'ailleurs rappelé fort opportunément. « La priorité accordée à ce projet n'est ni un rêve ni une idée à la mode. Plusieurs pays sur plusieurs continents effectuent aujourd'hui le transfert d'eau interbassins afin de résoudre des problèmes de disponibilité d'eau pour l'agriculture et l'irrigation, l'élevage, l'énergie, l'eau domestique de qualité, la navigation et l'industrialisation », a déclaré le Dr Abdullahi Umar Ganduje. Ce transfert d'eau porte sur deux bassins : l'Oubangui (sous bassin du Congo, avec une superficie de 643.900 Km2) qui est le bassin donneur, et le Lac Tchad, bassin récepteur.
Pour un des experts, Michel Dimbele-Kombe, directeur du département de la planification des ressources en eau et de l'environnement à la CBLT, le projet vise à améliorer les conditions de vie des populations dans les deux bassins et y préserver l'environnement. Plusieurs aspects justifient cette opération : Socio-économique car le nord de la RCA, du Congo Brazza, de la RDC et le Tchad n'a pas de débouché sur la mer, le commerce de ces pays se fait par la route. Ce qui est difficile et coûteux. Environnemental, car on note l'avancée du désert et une forte immigration des populations se fait du nord vers le sud.
Comme retombées socio-économiques, ce transfert d'eau permettra l'extension du réseau électrique des deux Congo, la construction de barrages à buts multiples, l'augmentation des capacités hydroélectrique et le réglage des problèmes d'étiage de l'Oubangui. Sans oublier l'éventualité de la construction d'un port à Garoua, connecté à celui de port Harcourt au Nigeria. Une aubaine donc, pour les pays du bassin du Lac Tchad, d'autant que ce transfert d'eau est une réponse adaptée aux changements climatiques qui perturbent les agriculteurs. Il est donc est urgent, comme l'a dit le secrétaire exécutif de la CBLT, de procéder au désenclavement des arrière-pays, ce qui ouvrirait la vie aux échanges commerciaux entre les pays d'Afrique centrale et de l'Ouest.
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