Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Me Wade affiche la neutralité sur la situation du pays

13 Septembre 2009


Dakar — Le président Abdoulaye Wade s'est abstenu d'afficher toute position publique sur la situation en Guinée où il a effectué, samedi en compagnie de son homologue libérienne Ellen Johnson-Sirleaf , une mission de bons offices auprès du chef de la junte à Conakry, le capitaine Moussa Dadis Camara.

"Nous étions venus pour nous informer seulement et voir le capitaine Moussa Dadis Camara pour connaître son point de vue sur la situation actuelle en Guinée", a déclaré Me Wade, dimanche soir, sur la télévision publique sénégalaise, RTS1.

"Je suis un voisin et un parent mais je m'interdis d'intervenir dans les affaires intérieures de la Guinée", a poursuivi le chef de l'Etat sénégalais désigné, par ses pairs de l'Union africaine parmi "les voisins de bonne volonté" devant aider les Guinéens à retrouver une situation normale.

Me Wade a réaffirmé ses liens privilégiés avec le nouveau président Dadis, lequel lui rend un sentiment filial égal en lui servant du "mon père". Le président sénégalais est l'un des rares soutiens des militaires guinéens à leur prise pacifique du pouvoir, le 23 décembre 2008.

"Je suis là pour voir la situation de mes propres yeux, m'entretenir avec mon fils pour amener la Cedeao, l'Union africaine et la communauté internationale à venir voir ce qui se passe en Guinée", a-t-il ajouté.

"Je vais vous aider à maintenir l'unité, nous ne devons pas prendre des positions qui vont entraîner la division", a-t-il expliqué.

"J'ai mené beaucoup de médiation en Afrique ; la dernière c'est en Mauritanie et je l'ai menée jusqu'au bout en toute objectivité", a rappelé Me Wade qui présentait ses états de services en tant que "voisin de bonne volonté".

Il a indiqué qu'en tant que président de la République du Sénégal et "lié à la Guinée, depuis longtemps par le sang et par l'histoire", son "premier souci" reste la paix et l'unité du peuple guinéen.

Les Abdoulaye Wade et Ellen Johnson-Sirleaf ont été conviés par leur hôte à une démonstration de force organisée par ses partisans, notamment des femmes qui réclament sa participation à l'élection présidentielle du 31 janvier prochain.

Le capitaine Moussa Dadis Camara entretient le flou sur ce point, tandis que ses fans se mobilisent "pour exiger" son maintien au pouvoir, suscitant controverse et inquiétudes. Juste après le putsch, il s'était engagé, lui et ses camarades, à assurer une transition et à rendre le pouvoir aux civils.

Dans un entretien avec le journal sénégalais Le Quotidien, l'opposant guinéen Cellou Dalein Diallo demandait au président Wade de rappeler au capitaine Camara son engagement de ne pas se présenter à l'élection présidentielle de janvier prochain.

M. Diallo estime que le Me Wade peut se prévaloir de son soutien au régime des militaires guinéens qui venaient de réussir un coup d'Etat militaire sans effusion, pour l'amener à respecter son engagement à se refuser à toute carrière politique à l'issue de la transition.

"Je pense que le fait d'avoir pris cette position lui permet aujourd'hui de jouer un rôle dans les efforts que la communauté internationale souhaite entreprendre pour infléchir la position du président Dadis (Camara) ", a déclaré M. Diallo, président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

"Le président sénégalais est un sage, un doyen dans notre sous-région. Il est donc normal qu'il se mette au dessus de la mêlée pour pouvoir jouer son rôle, le moment venu", a-t-il indiqué. Il a rappelé les réactions contre le soutien de Me Wade à la junte, "contre l'avis de la Cedeao et de l'Union africaine".

Le mardi 23 décembre 2008, en fin de matinée, les médias internationaux annoncèrent une tentative de coup d'Etat militaire en Guinée, menée par un capitaine, quelques heures seulement après l'annonce de la mort, à 74 ans, du général Lansana Conté, qui était au pouvoir depuis 1984.

Le défunt était le deuxième président de Guinée depuis que l'ancienne colonie française opta pour son indépendance en 1958. Le président Conté s'était emparé du pouvoir en 1984, après la mort d'Ahmed Sékou Touré, premier chef de l'Etat du pays.

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Le soutien du "père" au "fils"

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