L'insécurité sur les routes nationales oblige les coopératives à prendre des mesures. Jusqu'à l'interdiction des commissions en numéraires.
L'époque où les taxis-brousse jouaient le rôle de la poste est révolue. Une nouvelle mesure vient d'être prise par l'association des coopératives et transporteurs de la zone nationale (Aotravo). Les chauffeurs ne peuvent plus assurer des commissions d'argent liquide de la part de leurs clients ou voyageurs, où qu'ils soient.
« L'argent est une des raisons des attaques de taxis-brousse sur les routes nationales. Parfois, c'est l'expéditeur lui-même qui, par téléphone, informe les bandits qu'il a remis telle somme au chauffeur. Cette expérience a été vécue plusieurs fois », explique Gabriel Razafijemsa, président de l'Aotravo.
La mesure ne fait pas l'unanimité car des parents d'élèves ou d'universitaires qui étudient dans la capitale rouspètent. « Les coopératives ne doivent pas nous pénaliser tous sur un simple coup de tête. Au moins, les cas de familles vivant loin de leurs enfants doivent être étudiés de près », se plaint Madeleine Ranarivelo, une mère de famille originaire de Moramanga. Elle a été obligée de faire elle-même le voyage dans la capitale le week-end dernier pour apporter les provisions du mois à ses trois enfants.
Aspect humain
Un trajet qui lui a coûté près de Ar 15 000 en plus. Auparavant, elle confiait cette mission à une coopérative de transport. Aussi, des étudiants des provinces vivant dans les cités universitaires sont préoccupés par cette nouvelle mesure.
« Les taxis-brousse restent le moyen le plus efficace pour nous, notamment pour ceux venant des communes rurales reculées. Jusqu'ici, toutes les commissions envoyées par nos proches nous sont parvenues sans problème. Cet aspect humain doit être considéré », laisse entendre Andrianirina Rafaralahy, étudiant en gestion originaire de la commune rurale de Manandrina.
Certaines coopératives ont déjà considéré la question. A l'image de la coopérative Cotramad reliant la capitale à la ville d'Ambositra. « Nous pratiquons l'échange d'argent. C'est-à-dire, au lieu d'envoyer la commission sur route, il suffit d'un coup de téléphone mentionnant le montant et le destinataire peut le toucher immédiatement sans attendre le taxi-brousse », explique un pointeur au sein de la Cotramad.
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