Tous les ingrédients d'une rentrée universitaire mouvementée sont réunis à l'Université Cheikhk Anta Diop de Dakar. La section des universités du Syndicat unique des enseignants du Sénégal tire la sonnette d'alarme pour faire baisser la tension d'ici la rentrée universitaire, prévue dans quinze jours.
A quinze jours de la rentrée universitaire, prévue le 1er octobre prochain, marquant le début des examens de la deuxième session, le climat social à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) est délétère. En effet, le mécontentement s'est généralisé dans les rangs des quelque mille cent enseignants chercheurs dont la patience a manifestement atteint les limites admises.
La section Sudes des universités est montée au créneau, hier, pour décrire la situation de ce temple du savoir. 'Le Sénégal patauge dans les inondations et l'université a la tête dans l'eau', constate le secrétaire général du Syndicat unique des enseignants du Sénégal (Sudes). En termes plus clairs, note Cheikhou Issa Sylla, 'l'heure est grave. A quinze jours de la rentrée, ce sont de gros nuages qui s'amoncellent et qui risquent de beaucoup pleuvoir'. Avant d'avertir que 'les enseignants n'accepteront pas de débuter une nouvelle année universitaire avec des arriérés de paiement de l'année dernière'.
De fait, entre les primes de recherches, les indemnités de sujétions et les heures complémentaires, le gouvernement doit une belle somme d'argent, estimée à des centaines de millions de francs Cfa ; sans parler du paiement des frais de missions et autres titres de voyages aux enseignants bénéficiaires de voyages d'études. D'ailleurs, cette question semble cristalliser la colère des responsables de la section Sudes des universités. 'Les enseignants bénéficiaires de voyages d'études pour la période du 1er août au 30 septembre 2009 sont laissés en rade à Dakar, en attente de leurs perdiem qui ne sont pas encore payés', déplorent unanimement Cheikh Faty Faye de la Fastef, Mamoune Sankhé de la Faculté des sciences et technique et Cheikhou Sylla de la Faculté de droit et sciences politiques. 'La rentrée officielle de l'université, font remarquer les syndicalistes, débute le 1er octobre 2009 ; et que la deuxième session démarre à partir du 08 octobre 2009, alors quel temps reste-t-il pour la recherche ?', s'interroge la section des universités du Sudes.
A cela, s'ajoutent le non-paiement de la prime de recherche due depuis la fin du mois de juillet, des heures complémentaires et des autres indemnités à plein temps ou de sujétion. De même, dénoncent les syndicalistes, 'sept écoles doctorales, qui ont été portées sur les fonts baptismaux, n'ont pas reçu à ce jour leur budget de fonctionnement', qui est de 50 millions. Une enveloppe jugée 'modique'.
En outre, faisant l'examen de la situation à l'Université Cheikh Anta Diop, le Sudes désapprouve l'absence de recrutement d'enseignants en quantité et en quantité. Ce qui fait que, s'indigne-t-on, l'Ucad a l'un des plus bas taux d'encadrement au monde. A cela, s'ajoute un budget qui stagne au moment où les effectifs se massifient. Et comme pour ne rien arranger, le gouvernement a pris la décision de mensualiser les budgets des universités au lieu de les rendre trimestriels comme avant. D'où une trésorerie toujours tendue dans les quatre universités publiques et au Centre universitaire régional de Bambey, d'après le Sudes qui tient l'Etat comme l'unique 'fauteur de troubles'.
Selon ledit syndicat, toutes ses difficultés recensées font que l'Ucad, qui est la seule université sénégalaise, figurant dans les 100 premières universités africaines du classement de Schangai, continue à dégringoler dans le classement où elle est déjà passée de la treizième place l'année dernière à la 18e cette année. C'est la raison pour laquelle, prévient le Sudes, si la situation reste en l'état jusqu'en octobre, 'on peut s'attendre à un boycott des examens d'octobre ; mais également l'orientation des nouveaux bacheliers risque d'être compromise'.
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