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Malawi: Alfred Obrou, agent de joueurs, parle des Eléphants - "Il ne faut pas s'amuser au Malawi"

Avec l'expertise qu'on lui connaît, Alfred Obrou, agent de joueurs, analyse la rencontre Côte d'Ivoire-Burkina du samedi 5 septembre 2009 disputée au stade Félix Houphouet Boigny. Il évalue également les chances des Eléphants pour la suite de ces éliminatoires couplées CAN /Mondial 2010 de football, fait des suggestions et insiste sur des erreurs à éviter.

En seconde mi-temps de la rencontre Côte d'Ivoire-Burkina Faso disputée le samedi 5 septembre 2009, au stade Félix Houphouët-Boigny, la désillusion s'installe chez les visiteurs. Lors de cette 4ème journée des éliminatoires combinées CAN/Mondial 2010, Didier Drogba et les Eléphants appuient soudain sur l'accélérateur pour dérouter leur dauphin du groupe 5. Des buts coulent à flots pour le malheur des Etalons. Score final : 5 réalisations pour les Ivoiriens contre zéro pour les Burkinabè. Ce résultat qui propulse les Eléphants aux postes frontières de l'Afrique du Sud, premier pays africain à accueillir une phase finale de coupe du monde de football, expédie littéralement au nirvana Alfred Obrou, leader des agents FIFA ivoiriens. «Naturellement, voir la Côte d'Ivoire se qualifier deux fois de suite pour le Mondial de football doit procurer un énorme sentiment de joie et de fierté à un Ivoirien comme moi», jubile-t-il.

«Les Ivoiriens savaient qu'en cas de victoire »

Et pourtant, en première mi-temps, on a eu l'impression que les Etalons étaient venus tenter le diable sur ses propres installations. «La différence a été nette au niveau du mental. Les Burkinabè étaient venus pour gagner et non pour limiter les dégâts, mais ils se sont heurtés à des Eléphants plus déterminés. Je crois qu'à la mi-temps, le coach Vahid Halhilodzic a dopé le moral de ses poulains car à leur sortie des vestiaires, ils étaient révoltés. Les Ivoiriens qui savaient qu'en cas de victoire, ils étaient presque en coupe du monde, n'ont pas lâché le morceau. En face, les Burkinabè en voulaient encore mais après le but de Kader Kéita, ils avaient visiblement accusé le coup et leurs signes de faiblesse ont été exploités à profusion par le capitaine Didier Drogba et ses camarades», décrypte l'agent FIFA.

Contrairement à l'avis de certains observateurs, Alfred Obrou ne croit pas que le naufrage collectif des Etalons dans la lagune Ebrié tient au fait qu'ils ont trop ouvert le jeu devant une équipe expérimentée des Eléphants au sein de laquelle on note des renards de surface tels que Didier Drogba. L'agent FIFA soutient qu'à ce stade de la compétition, la pression est autre que celle que l'on a d'ordinaire en club où l'on peut perdre un match et revenir dans la course. Pour lui, le système de jeu est certes important mais il faut surtout se battre avec le coeur. Il s'enthousiasme de nouveau : "Nos garçons étaient gonflés à bloc. Kader Kéita par exemple avait envie de montrer qu'il avait sa place dans le Onze". Alfred Obrou souligne qu'avant le match, lors d'un échange qu'il a eu avec le joueur, il a gonflé le moral du milieu offensif de Galatasaray dans ce sens. L'objectif, selon lui, étant de faire mentir tous ceux qui ont osé qu'il est parti s'enterrer en Turquie après deux saisons en deçà de l'espérance des dirigeants lyonnais (L1, France). L'agent de joueurs sait toutefois que Kader Kéita devra travailler davantage pour gagner définitivement sa place de titulaire dans cette sélection où rien n'est presque jamais gagné à l'avance.

«Il ne faut pas s'amuser au Malawi»

Même si les Eléphants sont quasiment assurés d'être de nouveau mondialistes, il leur faudra se rendre au Malawi, dans quelques semaines, pour valider cette qualification. Mais, prévient Alfred Obrou : «Il ne faudra pas s'amuser au Malawi.» Pour l'agent FIFA, ce match doit faire partie, tout comme celui que la Côte d'Ivoire livrera en fin de compétition contre la Guinée, de ceux qu'il faudra jouer à fond en vue de mieux préparer les pachydermes. Il estime qu'ils devraient permettre au technicien franco-bosniaque de parfaire son groupe. «Le Mondial, ce n'est ni le Burkina, ni le Malawi encore moins la Guinée. Le Mondial, ce sera l'Allemagne, l'Espagne, l'Angleterre, le Brésil, etc.».

Cette remarque semble fondée parce que nombre d'Ivoiriens trouvent que la défense des Eléphants reste à verrouiller à double tour. Obrou partage cet avis. «On a quand même une petite faille en défense centrale. Bamba Souleymane est certes un bon joueur mais il manque encore d'expérience. Où faut-il aller chercher ce défenseur à placer à côté de Touré Kolo ? Il faudra y penser. A environ 8 mois du Mondial, on espère vite remédier à nos lacunes défensives». Méité Abdoulaye ou Zoro Marc ? «Aucun des deux ne joue pour l'instant en club», s'inquiète l'agent qui lorgne le défenseur de l'équipe nationale olympique, Diarrassouba Vieira, qui évolue en Roumanie pour tenter une solution.

Il y a aussi le problème de gardien de buts qui inquiète plus d'un. Sur la question, l'agent FIFA ne dit pas autre chose. Il déplore ce déficit à côté du contingent d'attaquants et de milieux de terrain de qualité dont regorge la Côte d'Ivoire. Pour palier cette faiblesse, Alfred Obrou propose que l'on aille voir aussi du côté des joueurs locaux. Gardiens de but ou défenseurs, Obrou estime qu'ils sont les oubliés de la génération Drogba. En conséquence, il suggère à Kouadio Georges, Alain Gouamené et autres responsables des sélections des jeunes, ainsi qu'à Vahid, de donner l'opportunité aux meilleurs d'entre eux de tenter leurs chances aux côtés des professionnels-cadres. Sans les nommer, Alfred Obrou trouve que dans le championnat ivoirien, il existe deux ou trois défenseurs à essayer.

«Il manque une ambiance en dehors des stades»

Malgré leur élimination inattendue en demi- finale de la CAN ghanéenne de 2008 et la finale manquée, deux années auparavant devant l'Egypte au Caire, sans oublier le Mondial allemand la même année, les Eléphants version Jacques Anouma donnent de l'espoir à l'agent Obrou. En effet, il rêve de jubiler enfin avec eux l'an prochain. «Je pense qu'il ne faut pas sous-estimer cette sélection. N'oublions pas qu'elle a été éliminée en 2008 par l'Egypte qui, après, a remporté la CAN. Ce n'est donc pas rien. Mais il ne faut pas penser qu'il suffit d'avoir des joueurs comme Didier Drogba, Salomon Kalou, Kader Kéita, Touré Gnégnéri, Kolo, Zokora Didier qui évoluent dans de grands clubs européens pour prétendre gagner une grande compétition comme la coupe d'Afrique. Il faut un bloc solide comme chez les Egyptiens qui, pour la plupart, évoluent dans le même championnat local», fait-il remarquer. Et il enchaîne : «Il manque à Didier Drogba et ses coéquipiers, pour remporter une coupe, une ambiance en dehors du terrain, c'est-à-dire une famille pour empêcher que des clans s'installent en leur sein.»

Comment y parvenir ? «Je ne saurais vous le dire avec exactitude. Je pense en revanche que Jacques Anouma et la FIF sont en train de travailler à cela», avance l'agent FIFA. Alfred Obrou a des raisons d'y croire. «Quand j'observe aujourd'hui le groupe, je me rends compte que les joueurs sont plus amis qu'il y a quatre années. C'est ce genre de climat d'amitié qu'il faut renforcer. Si cela est fait, on fera un grand tournoi en Angola et en Afrique du Sud», soutient Alfred Obrou.


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