Selima K.
18 Septembre 2009
Depuis la nuit des temps, le "stambali ", ou le culte des génies, s'est répandu dans tout le Maghreb par la route des esclaves venus d'Afrique subsaharienne. Ces rituels témoignent à la fois de l'histoire de ces peuples et de ses pratiques mystico-religieuses. Sous diverses appellations, on les retrouve au Maroc (Gnawa), en Algérie (Diwan), en Libye (Makeli) et en Tunisie (Stambali).
La troupe de Sidi Ali Lasmar, avec à ses commandes Ryadh Zaouche, fait la part belle au genre, et gagne droit de cité au sein des expressions musicales tunisiennes et européennes.
La troupe s'est déjà produite aux quatre coins du monde, mettant en évidence, sur son passage, nos croyances, nos imaginaires, et autres coutumes et traditions. Des festivals de musiques du monde en Occident au festival international d'Essaouira au Maroc, le maître spirituel Ryadh Zaouche trace son parcours avec une étonnante aura.
C'est précisément au stambali, que nous avons eu droit mercredi dernier, 27e jour du mois saint, " Laylet el Kadr ". Comme chaque année, adeptes et initiés se retrouvent devant cette porte qui mène au monde immatériel des esprits, Sidi Ali Lasmar, une " zaouia " à Bab Jedid, en plein coeur de la vieille médina de Tunis.
Conviés à participer à cette fête, entre cérémonies rituelles et thérapeutiques, nous avons pu partager, avec Ryadh et son groupe, un culte faisant appel à la musique et à la danse, celle-ci occupant une place importante dans ce type de célébrations. Un " maâllem " (maître), plusieurs joueurs de " chkachek " (crotales), ainsi qu'une " arifa " (voyante et prêtresse) ont pris place autour du chef spirituel, le stambali Zaouche.
Avec cette invocation des esprits si particulière, chants et enchaînements musicaux de " noubas " nous ont offert une autre vision de la tradition populaire musulmane. Découverte de danses sacrées qui recréent la représentation d'une multitude d'univers.
Le spectacle de ces " possessions " ritualisées, où bien des fois le corps des adeptes est en transe, nous a permis de connaître un monde intime où le réel est confronté à une magie esthétique. Le temps d'une soirée, on est comme " hors du temps ", dans un point sensible où font fusion richesse du patrimoine et mystères des imaginaires collectifs.
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