Depuis le 11 septembre 2001, les réseaux terroristes gagnent du terrain et les attentats meurtriers se multiplient. Partagées entre le dialogue et l'option militaire, les grandes puissances n'arrivent pas à faire la jonction entre les deux. Les résultats de la croisade anti-terroriste sont mitigés et notre pays dont le Nord est l'une des zones de prédilection des groupes mafieux est plus que jamais dans la ceinture.
Le 11 septembre offre l'occasion à l'humanité de jeter un regard rétrospectif sur les attaques meurtrières de 2001 aux Etats-Unis. Huit ans après, la croisade générale lancée contre le terrorisme est loin d'atteindre son paroxysme. Sous la houlette des USA, la traque aux terroristes ne parvient toujours pas à réunir tous les ingrédients susceptibles de terrasser les bandes islamistes. Du moins à en croire les spécialistes des questions sécuritaires.
Les concertations et les politiques se peaufinent dans ce sens, avec chaque jour l'inclusion de nouveaux éléments en fonction des réalités du terrain. En considérant le déroulement des choses, l'on se demanderait si les méthodes utilisées jusque-là sont valables pour le contexte, les enjeux et les challenges actuels et futurs.
Etre présent en un 11 septembre aux Etats-Unis, pays instigateur et leader de la lutte anti-terroriste, donne une idée de la perception générale de la guerre contre le terrorisme. Les premiers anniversaires des événements douloureux de 2001 ont été marqués par la peur d'autres agressions similaires. Surtout qu'à la veille de chaque anniversaire des attentats du 11 septembre, des messages du leader d'Al Qaeda, Oussama ben Laden, sont toujours diffusés par le biais de différents supports de communication.
Mais, plus les années passent, plus les citoyens semblent tourner leur attention vers d'autres objectifs. Au pays de l'Oncle Sam, le terrorisme paraît préoccuper plus la haute administration et les milieux d'affaires que les citoyens ordinaires cherchant un coin de refuge en ces temps de récession économique. Et les avis diffèrent sur la suite à réserver à l'offensive internationale.
S'adressant à ses compatriotes le 11 septembre 2009, le locataire de la Maison Blanche, Barack Obama, a encore fait preuve de son rôle de citoyen modèle. "C'est le moment de renouveler notre détermination contre ceux qui ont perpétré cet acte barbare et qui continuent de conspirer contre nous". Si l'engagement doit être renouvelé face au fléau, les armes de combat doivent cependant être revues.
Aujourd'hui, la ligne directrice de la lutte contre le terrorisme reste floue à bien des égards. Tantôt, l'on a l'impression que c'est le règne du dialogue, tantôt, l'on se dit que c'est la primauté de la violence imposée par l'administration Bush et ses alliés. Le président Obama, qui avait promis pendant la campagne électorale de mettre fin aux guerres en Afghanistan et en Irak déclenchées sur des arguments de menaces terroristes et sécuritaires, a l'air d'être partagé entre la poursuite des hostilités et le dialogue.
En Irak, l'on remarque une accalmie intermittente avec le retrait progressif des soldats en mission tandis qu'en Afghanistan, pays considéré comme le bastion des terroristes, la tension est toujours d'actualité. Les talibans sont loin d'avoir abdiqué et font tout pour "bouter" les "colons" hors des frontières du pays. L'administration démocrate prévoit d'ailleurs de renforcer l'effectif militaire sur place, pour dit-on, préserver les acquis et favoriser le retour à la normale dans une nation dépourvue de ses agresseurs.
Un Mali en embuscade
Au même moment, Washington et ses alliés parlent de renforcement démocratique en Afghanistan. Le processus démocratique qui a résulté en des élections présidentielles pluralistes reste l'une des priorités de l'Amérique. Et ceci, pour convaincre les Afghans à embrasser les principes démocratiques, qui ne laisseront plus de place de choix au terrorisme. Question : peut-on favoriser l'émergence de nouvelles mentalités à travers la démocratie tout en laissant des troupes vues par les locaux comme celles de l'occupation coloniale ?
Pays frontalier avec l'Afghanistan, le Pakistan est souvent encouragé à entretenir l'arme du dialogue avec ses mouvements terroristes, qui ensanglantent régulièrement le pays alors qu'à cause des plaidoyers incessants des dirigeants de ce pays auprès de Washington et de ses partenaires dans le combat terroriste, il est plus question d'appuyer financièrement et matériellement cette nation pour militairement faire face à ses "groupes aliénés".
Cependant, l'option d'injecter plus de ressources financières et humaines dans la lutte contre le terrorisme ou sur certains fronts entrant dans ce cadre ne semble pas être l'avis le mieux partagé. Aux Etats-Unis par exemple, beaucoup de citoyens ont fait savoir dans les médias qu'ils préféraient voir leur pays investir moins d'argent et de militaires en Afghanistan étant donné que les groupes terroristes se portent de mieux en mieux avec la multiplication des pensées haineuses.
Aucune nation n'étant épargnée par l'extension des réseaux terroristes, le Mali s'est retrouvé dans la ceinture. Le désert a sans doute favorisé l'implantation et les tournures des groupes mafieux dans le Nord de notre pays, en plus de la proximité avec des pays qui sont des cibles privilégiées des auteurs d'actes odieux.
Aussi la porosité de nos frontières a-t-elle permis aux délinquants transfrontaliers d'asseoir plus leur mainmise sur le Septentrion et de causer des frayeurs épisodiques. Dans la conduite de leurs affaires, les narcotrafiquants, qui ont tout pour être qualifiés de terroristes, n'hésitent pas également à recourir à la force de leurs armes pour satisfaire leurs besoins.
L'on se souvient encore des attaques de Nampala qui ont endeuillé tant de familles maliennes. Que dire de l'assassinat du lieutenant-colonel Lamana Ould Bou ? Et les mines qui seraient encore sous les sables du Nord ? Tout cela semble avoir été possible à cause du manque de vision et de la défaillance des méthodes préventives des autorités, s'il y en a réellement. Alors que les populations ont beau réclamer l'usage de la force contre les terroristes et leurs groupes affiliés, les dirigeants n'ont rien entendu. Selon des allégations, des militaires auraient été tués sans pouvoir réagir à cause d'hypothétiques ordres hiérarchiques.
Comme pour se conformer au vieil adage qui dit que "mieux vaut tard que jamais", les autorités ont finalement opté pour une offensive sans frein contre les terroristes. Ce changement de tactique du Mali, qui a des généraux aux postes clés de la nation, suffira-t-il pour affronter les groupes islamisés qui continuent d'élire domicile au nord avec notamment l'enlèvement et la séquestration de ressortissants occidentaux ? Le gouvernement qui s'est toujours dit satisfait de la libération des otages occidentaux détenus au nord doit en tout cas prendre en compte l'avis des uns et des autres, car les bonnes propositions ne manquent pas.
Si les remarques du Front pour la démocratie et le progrès (FDR) à l'issue de sa conférence sur le Nord ont été jetées aux calendes grecques pour probablement des raisons politiques, des réseaux indépendants comme l'Observatoire sahélo-saharien de géopolitique et de stratégie, piloté par Soumeylou Boubèye Maïga, doivent être plus écoutés.
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