Sénégal: Sept anciennes exciseuses formées en énergie solaire

Dakar — Sept femmes rurales non alphabétisées, anciennes exciseuses, sont devenues "ingénieurs" en énergie solaire au profit de leurs propres communautés, après avoir bénéficié d'une formation de six mois en Inde à l'initiative du Programme de renforcement de capacités communautaires d'une durée de 6 mois en Inde.

C'est dans le cadre d'un partenariat Sud-Sud entre le Sénégal et l'Inde, que l'ONG Tostan et le Barefoot Collège de l'Inde ont initié ce projet de renforcement des capacités de femmes rurales non alphabétisées ou semi analphabètes.

Le ministre de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l'Entreprenariat féminin, de la Microfinance et de la Petite enfance, Ndèye Khady Diop a présidé vendredi, en présence de l'ambassadeur d'Inde au Sénégal, la cérémonie de présentation de "l'expérience réussie" de communautés ayant abandonné l'excision.

Mme Diop indiqué, à cette occasion, que ces femmes peuvent devenir "des leviers importants" sur lesquels son département peut compter pour booster la promotion de l'entreprenariat féminin.

Elle a estimé que cette formation a permis d'affirmer les capacités intrinsèques des femmes à faire face aux défis du développement durable. Elle a, à ce sujet, souhaité qu'à l'avenir ce projet puisse être élargi à d'autres domaines pour l'autonomisation des femmes.

Ndèye Khady Diop a déclaré également que ces "braves femmes" sont devenues des formatrices en énergie solaire et peuvent aussi développer leur entreprise dans le domaine de la fourniture des énergies renouvelables aussi bien au niveau communautaire qu'au niveau du pays avec un statut juridique reconnu.

A cet effet, la porte-parole des anciennes exciseuses Doussou Konaté a précisé que les formations reçues leur ont permis de maîtriser l'installation, l'entretien et la réparation des unités d'énergie solaire qui vont fournir une lampe fixe, une lanterne solaire lumineuse, une lampe de poche et une prise par ménage, pour permettre de charger les téléphones mobiles.

"Chacune de nous va installer une unité d'énergie solaire dans son village et nous allons également former d'autres femmes de nos différentes communautés à devenir des ingénieurs solaires", a expliqué cette exciseuse repentie.

Le coordonnateur du projet, Dame Guèye, chargé de programme à l'ONG Tostan, a pour sa part soutenu que les "nouveaux ingénieurs" seront payés par leurs propres communautés qui vont contribuer à hauteur de 3.000 francs par mois pour indemniser les femmes.

A l'origine de l'élaboration de ce projet, il explique que ces anciennes exciseuses habitent dans des villages enclavés et utilisaient pas moins de 2.000 francs pour l'achat de bougies et de pétrole.

"C'est pourquoi nous avons jugé nécessaire de monter ce projet pour, un peu, aider ces communautés à électrifier leur village et au-delà " a encore dit M. Guèye.


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