Fasozine (Ouagadougou)

Burkina Faso: Une école de danse à la dimension de Irène Tassembédo

L'Ecole de danse internationale Irène Tassembédo (Edit) ouvre ses portes le 19 octobre 2009, à Ouagadougou, avec une première promotion de 25 élèves pour le monitorat de danse.

Dans le même temps, ce centre d'excellence procèdera au lancement des cours et trainings pour amateurs adultes, enfants et adolescents de 3 à 77 ans. Une première dans l'histoire culturelle du Burkina... C'est un véritable complexe artistique, mais également et surtout un centre de référence et d'excellence, en matière de danse et de chorégraphie, qui ouvrira ses portes le 19 octobre 2009 à Ouagadougou. La Burkinabè Irène Tassembédo, dont le seul nom inspire le respect dans ce milieu où l'expression corporelle enchante la scène et redessine la vie, apporte, en effet, sa pierre à l'épanouissement culturel de son pays et de l'Afrique. Et quelle pierre! L'Ecole de danse internationale Irène Tassembédo (Edit) est, assurément, un cadre pédagogique, didactique et ludique, qui s'inscrit déjà, pour la postérité, dans les réalisations culturelles majeures du «pays des Hommes intègres».

Cette infrastructure, sise au secteur 17 de Ouagadougou, ambitionne d'offrir «les ingrédients indispensables pour rendre durable les acquis et l'aura de la danse africaine sur les scènes nationales et internationales». A l'image de l'Ecole Mudra-Afrique de Dakar (Sénégal), dont l'ouverture, en 1977, a été déterminante dans la valorisation du riche patrimoine chorégraphique africain, l'Edit ne sera pas moins un haut-lieu de la dissémination des savoirs et de la promotion de l'art chorégraphique, à travers le partage et le renforcement des capacités. Sa vocation professionnelle affichée lui permettra, dès la première promotion de 25 élèves qu'elle accueille pour cette rentrée 2009-2010, d'exercer son activité principale de formation artistique d'aspirants à une carrière de danseur, notamment par des cours théoriques et pratiques, assurés par un encadrement pluridisciplinaire et international averti.

Mais, au-delà de cette offre professionnelle, l'Edit proposera également, en direction des adultes et des enfants, des cours de pratiques artistiques et de maintien physique pour les amateurs, en danse, arts martiaux, fitness, capoeira, yoga, tai-chi, chant, percussion... Une gamme variée de programmes, ainsi que l'on peut en juger, enseignés dans un cadre agréable et très fonctionnel, qui comprend deux studios de danse, deux salles de cours théoriques, une salle de spectacle de 300 places, des loges et vestiaires, un bloc administratif, une cafeteria, etc. Le programme des enseignements, piloté par un conseil pédagogique international présidé par la Malienne Aminata Traoré, militante altermondialiste bien connue et ancienne ministre de la Culture de son pays, inclut plusieurs modules de formation, qui vont des techniques et formes de danse à l'environnement administratif et juridique des métiers artistiques, en passant par la musique, le théâtre, l'anatomie, la physiologie du danseur... L'élève est ainsi pris dans toutes ses dimensions - corporelle, psychologique, artistique - pour son plein épanouissement, à travers une expression optimale de ses potentialités, même les plus cachées.

Grande dame de la chorégraphie

Pur produit de l'Ecole Madra-Afrique de Dakar, Irène Tassembédo s'installe en Europe au début des années 1980 où, grâce à sa formation très ouverte, son exigence personnelle et son énergie remarquable, elle développe «une approche résolument nouvelle de la danse africaine», notamment à travers «un travail chorégraphique original, alliant danse contemporaine et danse africaine». Pour Irène Tassembédo, en effet, «la danse africaine doit s'inscrire dans le temps présent, en rendre compte et se réinventer continuellement, tout en puisant ses racines dans les cultures et les traditions africaines». Artiste accomplie et grande figure des scènes africaines et européennes, elle est aussi une pédagogue réputée et sollicitée partout, animant de nombreux stages et master-class de danse en Afrique, à travers l'Europe et aux Etats-Unis.

Une expérience riche qu'elle met à profit pour créer, en 1998, le Ballet national du Burkina. Mais, cette grande dame de la chorégraphie a décidé, après une trentaine d'années de carrière en Europe, de s'installer dans son pays et de marquer son époque. Depuis 2007, elle multiplie les initiatives, en mettant en place, notamment, l'espace culturel le «Wakatti Arts Café», avec une scène ouverte aux artistes et musiciens du Burkina et d'ailleurs, et en réalisant de nombreux projets artistiques.

L'ouverture prochaine de l'Ecole de danse internationale qui porte son nom constitue donc, assurément, la manifestation de sa volonté aiguisée de «développer un véritable pôle d'excellence de la formation artistique en danse pour l'Afrique sub-saharienne», d'une part, et de «contribuer à la création et à la consolidation des emplois dans les métiers artistiques au Burkina Faso», d'autre part. Entre autres objectifs de ce projet grandiose, qui nécessite la bagatelle de 110 millions de francs CFA, et qui souligne si éloquemment le caractère à la fois humaniste et pragmatique de cette ambassadrice de la danse et de la chorégraphie, qui a toujours sublimé les scènes du monde.


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