Kinshasa — Les effets mitigés des opérations de vente de devises à la Banque centrale du Congo par voie d'adjudication ont fini par intéresser le Fonds monétaire international et le gouvernement. Chacun, en ce qui le concerne, attend voir la Banque centrale rectifier son tir pour plus d'efficacité de ses actions sur le marché des changes.
C'est ainsi que la date de valeur, coïncidant avec le versement par les banques en cash ou en scriptural de l'équivalent en monnaie nationale, a até revue à la baisse. Elle sera désormais de 24 heures après l'adjudication et non 48 heures comme auparavant. La raison, a dit le directeur des services étrangers de la BCC, Déogratias Mutombo muana Nyembo, hier jeudi en marge de la 13ème opération de vente de devises, est de « freiner davantage les anticipations spéculatives et permettre une ponction rapide » du surplus de Franc congolais en circulation.
Les banques commerciales n'ont certes pas acquiescé, mais elles se sont tout de même pliées à la décision de la BCC. « Le délai de versement de Franc congolais n'a pas d'impact, le grand problème réside dans l'enveloppe offerte par la Banque centrale. Si les choses tardent à se normaliser, c'est entre autre à cause de l'incapacité de la Banque de rejoindre les demandes des banques commerciales », a dit un des représentants des banques.
Lecture contraire à l'Institut d'émission qui a motivé sa décision par les nouvelles directives du FMI et du gouvernement.
« En période de surchauffe sur le marché des changes et de dépréciation continue de la monnaie nationale comme c'est le cas actuellement, un délai de 48 heures entre l'opération de vente de devises et la date de valeur permet d'alimenter la spéculation et d'atténuer les effets attendus sur le marché », a indiqué, à ce propos, le directeur des études de la BCC, Vincent Ngonga Nzinga. Toutefois, il a rassuré les banquiers. « La Banque centrale pourrait toujours revenir sur la date de valeur de 48 heures si les choses se normalisaient sur le marché des changes ».
15 MILLIONS USD ADJUGES
Pour tout ce qui se rapporte à l'opération d'adjudication, 13ème de la série depuis le lancement de la première en janvier 2009, la BCC a adjugé au taux de 864 Fc/Usd 15 millions Usd en faveur des banques présentes à cette cérémonie. Le montant le plus important a été notamment souscrit par la Banque commerciale du Congo et la Raw Bank, soit trois (3) millions Usd à chacune.
Mais bien avant le début de cette opération, Déogratias Mutombo a rappelé les nouvelles règles de l'adjudication. C'est notamment l'interdiction aux banques de demander un montant en devises supérieur à ses fonds propres en monnaie nationale.
Apparemment, a-t-on constaté, l'instruction a été formulée. Toutefois, en cours de dépouillement, le directeur des services étrangers de la BCC a fait état d'un paradoxe. En effet, a-t-il indiqué, les banques commerciales ont souscrit un montant de loin supérieur à l'équivalent en dollars américains de leurs avoirs libres en comptes.
Ainsi, elles ont exprimé des besoins estimés à 59 millions Usd alors que leurs réserves libres n'équivalent qu'à 20 millions Usd. Un débat très animé s'en est suivi, les banques cherchant à justifier ce gap par les exigences que leur imposent souvent leur clientèle.

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