Kinshasa — La rénégotiation des contrats miniers ne doit pas être un processus ad aeternam. Le gouvernement doit se déterminer clairement vis-à-vis de ses partenaires afin d'éviter que l'affaire glisse vers le terrain politique.
De la soixantaine des contrats miniers ré-visités, deux d'entre eux n'ont pas encore abouti à des conclusions. Le gouvernement s'est prononcé en faveur de la poursuite des négociations avec Tenke Fungurume Mining. En même temps, l'Exécutif congolais a décidé de résilier le contrat le liant avec Fisrt Quantum minerals dans le cadre du projet KMT. L'affaire fait couler encre et salive.
Le gouvernement reproche à Fisrt Quantum Minerals son incapacité, mieux son refus de se délecter du surplus indu afin de rééquilibrer la configuration du capital. L'affaire risque de prendre des proportions inquiétantes si, le flanc est prêté à des polémiques stériles. Une chose est vraie, la firme canadienne a investi d'importants fonds dans le projet. Malheureusement, il lui est opposé le principe qui veut que «celui qui paie mal, paie deux fois». Ce n'est pas suffisant, estime-t-on. Bien d'autres griefs sont alignés contre la firme canadienne. Quant à Tenke Fungurume Mining, les choses semblent bien marcher d'autant plus que la firme américaine négocie avec le gouvernement congolais sur le dossier. Toutes les parties semblent s'accorder à aller de l'avant pour une conclusion satisfaisante.
Eviter l'enlisement
Plutôt que de tergiverser, le gouvernement doit se déterminer clairement face à la question. Il s'agit de réaffirmer l'esprit et la lettre de la décision du Conseil des ministres du 04 août dernier.
La revisitation elle-même prévue pour trois mois, avait pris deux années avant de livrer ses secrets. Procéder de la même manière pour les deux contrats qui étaient restés en suspens, c'est faire preuve de mollesse dans la gestion de ces dossiers dont la sensibilité n'échappe à personne.
En cette période, les cours du cuivre, par exemple, ont renoué avec des hausses. Le roi des métaux non ferreux est passé sur le marché de 5.225 à 6.500 USD la tonne. On est loin des prix faibles de la période de l'effondrement des cours sur les marchés mondiaux. Toutefois, on se rapproche des sommets de 7.000 voire 8.800 USD la tonne enregistrée, il y a quelques mois. Normalement, le Trésor public devrait s'attendre à un peu plus de revenu qu'avant.
L'enlisement dans la conclusion de ces dossiers est de nature à préjudicier davantage la RDC. Aucune raison ne milite actuellement en faveur d'une rétention des stocks. Le gouvernement a besoin des ressources financières. Il ne faut pas rater l'objectif comme lors du long et laborieux processus enclenché. L'heure est venue de laisser ceux qui sont en règle de travailler pour la création de plus de richesses pour les Congolais et l'Etat, influençant ainsi le produit intérieur brut. Une motion est à craindre au niveau du Parlement. Personne n'ignore les conséquences que cela pourraient suscitées sur la place politique congolaise.
Contribution au budget national
Le secteur minier contribuait pour plus de la moitié du budget national, à l'époque de gloire de la Gecamines. Pendant cette période, la production du géant zaïrois était de près de 500.000 tonnes de cuivre par an. L'opérateur public dans le secteur des mines a porté pendant longtemps l'essentiel du poids économique du pays.
L'illusion serait de croire que cette belle époque reviendrait simplement par des discours et des intentions. L'heure est venue de se mettre résolument au travail. C'est ce qu'il convient d'attendre de la nécessité de conclure les renégotiations avec les opérateurs miniers.

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