Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Fabienne Goux-Baudiment - «Des formations pratiques dans les domaines de technologie»

interview

Fabienne Goux-Baudiment, responsable des Master à l'IFTIC-SUP de Yaoundé.

Comment est ce que l'université d'Angers perçoit la formation à l'IFTIC- SUP?

Traditionnellement, ce qu'on délocalise au Cameroun, ce sont plutôt des formations très pratiques, dans des domaines vraiment liés au développement. Et on a toujours tendance à oublier que le développement c'est aussi la maîtrise des connaissances, des réseaux d'informations, la maîtrise des technologies de l'information et de la communication. L'université d'Angers vient donc avec des innovations, notamment dans les domaines de technologies. Avec le master II, ce qu'on va rechercher ici c'est ce qu'on appelle l'innovation de rupture, c'est-à-dire une innovation qui crée une percée dans un domaine quelconque. On ne va pas améliorer un produit déjà existant. On va vraiment essayer de créer des choses complètement différentes.

Concrètement, ce sera quoi ?

Je vais prendre un exemple avec le Feicom. C’est un organisme du gouvernement du Cameroun qui est chargé de la décentralisation et est désireux d’avoir des experts qui réalisent des projets en prospective territoriale, en recensant les ressources, en développant un site web dans ce domaine et en permettant au Cameroun d’avoir une avancée significative en matière de prospective territoriale et ainsi aider tous les acteurs de la décentralisation. Et ça, je trouve que c’est une superbe réussite. Et pour cette année, le Feicom nous a commandé trois projets dans ces différents domaines. C’est une chance extraordinaire pour nos étudiants, parce qu’on sait qu’ils vont être impliqués dans de véritables projets innovants.

Alors, après le master II que proposez-vous?

Un emploi à coup sûr. Le master II par définition, est un master professionnalisant. C’est-à-dire qu’après, il n’y a plus rien. Nous ne sommes pas dans un master de recherche qui débouche ensuite sur un doctorat. Ici, nous sommes dans une formation professionnelle, qui doit déboucher sur de l’emploi. Et le challenge de l’IFTIC-SUP comme celui de l’université d’Angers, c’est que nos étudiants débouchent sur de l’emploi. Ce qu’il faut déjà savoir c’est que la grande partie de nos étudiants sont des seniors. C’est-à-dire des gens qui travaillent déjà et qui viennent ici pour faire rentrer dans leurs entreprises des processus innovants. Le petit tiers qui reste c’est des juniors et pour ceux-là, il faut trouver du travail. Mais comme il n’y a aucune autre formation dans ces domaines au Cameroun et comme le pays a quand même de plus en plus d’entreprises qui ont besoin de gens qualifiées, je ne vois pas pourquoi ils ne trouveraient pas de job.

Comment arrivez-vous à gérer 77 étudiants pour un Master professionnel?

D’abord j’ai eu une très grande surprise en arrivant ici. C’est peut être lié au fait que la majorité de nos étudiants sont des seniors mais ce sont des gens extrêmement motivés. J’enseigne depuis 1995 et je peux dire que c’est la première fois que j’ai des classes aussi silencieuses, aussi concentrées. C’est encourageant et du coup ça se gère plutôt bien.


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