Kinshasa — Le CNDP, mouvement politico-militaire qui avaient le vent en poupe au Nord-Kivu, vient d'être fragilisé et s'est affaibli après la suspension de son président, le Dr Désiré Kamanzi qui a dernièrement remplacé le « chairman » Laurent Nkunda, « retenu en résidence surveillée » au Rwanda.
Un communiqué du Comité exécutif du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) a, en effet, annoncé la suspension de son président Désiré Kamanzi. Daté du 8 octobre 2009, ce communiqué précise que « le Comité exécutif du Congrès national pour la défense du peuple, CNDP, suspend son exprésident, l'avocat d'affaires rwandais Désiré Kamanzi. Désormais, c'est Déogratias Nzabirinda qui est désigné pour assurer l'intérim ».
Neuf mois après le départ de Laurent Nkunda - accusé par ses lieutenants et camarades de velléité équivoque, Désiré Kamanzi, son successeur, n'a pu garder la barque sur une bonne direction ni « discipliner ses troupes » que durant quelques neuf mois. Que s'est-il passé ?
Au cours de la réunion tenue le jeudi 8 octobre 2009 sous la présidence de Déogratias Nzabirinda, le comité exécutif du CNDP a eu à examiner « minutieusement et avec intérêts griefs articulés par la base » à l'encontre de Désiré Kamanzi.
Le communiqué poursuit : « Soucieux du rétablissement du climat de confiance et de sérénité au sein de l'organisation et en vue de faciliter le bon fonctionnement de ses institutions en attendant les conclusions des organes précités, après débats et délibérations, les membres du Comité Exécutif du Mouvement se sont convenus à l'unanimité les mesures conservatoires suivantes: La suspension à dater de ce jeudi du camarade Désiré Kamanzi de ses fonctions de président du CNDP jusqu'à nouvel ordre ». Kamanzi est remplacé par le vice-président Déogratias Nzabirinda « chargé d'expédier les affaires courantes en attendant la conclusion du dossier en cours ». Le communiqué signé par le président intérimaire et le secrétaire général du CNDP, Jean-Serge Kambasu Ngeve, « appelle au calme l'ensemble des membres des différents organes du Mouvement et les invite à vaquer chacun en toute tranquillité dans ses activités quotidiennes». KAMANZI « PAIE CASH » SES ECHECS
Depuis la signature des accords de Nairobi entre le gouvernement congolais et le CNDP, ce Mouvement peine à obtenir la satisfaction de toutes ses exigences ; à savoir la rentrée de ses cadres au sein des institutions nationales. D'où une certaine nervosité perceptible tant au niveau des cadres civils que militaires du CNDP. Kamanzi « paie cash » sans doute pour n'avoir pas réalisé cet objectif, notamment la transformation du CNDP en un parti politique dont l'agrément se fait attendre alors que ses cadres ont abandonné la gestion administrative des zones sous leur contrôle conformément à l'accord de Paix de Goma. Certains de ses cadres devraient même faire partie du gouvernement pendant que le remaniement se fait attendre. Par ailleurs, les ex-combattants du CNDP ont difficile à s'intégrer au sein des FARDC alors que les opérations Kimia II devraient s'effectuer avec les éléments intégrés.
N'ayant pu réalisé les aspirations ni les ambitions de sa base et de ses proches collaborateurs, le Dr Désiré Kamanzi « paie cash » les turpitudes de ses échecs. Sans l'actuel président du Mouvement. Comme à l'époque soviétique, le communiqué ne souffle pas un mot sur la nature des reproches formulés contre Kamanzi.

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