Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Indiens et Brésiliens se bousculent pour la reprise du projet minier KMT

Kinshasa — Plus les jours passent, plus émergent à la surface les nombreux détours entourant la décision gouvernementale du 4 août 2009 portant résiliation du contrat d'association créant la société Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT). Alors que le dossier se trouve entre les mains de la justice, seule habilitée à trancher désormais sur le litige opposant les partenaires associés dans KMT et la Gecamines, entre autres, sur le permis d'exploitation de recherche (PER) 652, de sources bien introduites dans le secteur des mines font état d'une vraie bousculade autour de la reprise programmée de KMT.

Sont annoncés sur la ligne de départ des opérateurs miniers ressortissants de l'Inde et du Brésil. Pour l'Inde, ces sources rapportent que le plus en vue serait un opérateur minier déjà présent dans la province du Katanga. Ce dernier, indique-t-on, mène actuellement une campagne sur diverses places boursières, dont la bourse de Toronto au Canada, pour réunir les fonds nécessaires à la reprise du projet KMT, réalisé à ce jour, doit-on rappeler, à environ 70% par son principal actionnaire, le Canadien First Quantum Minerals Ltd (FQM). C'est dire que l'épilogue KMT est loin de se terminer. D'autres surprises sont certainement en vue. Ainsi, après la résiliation, réaffirmée du reste le mercredi 7 octobre, en marge du 5ème forum de l'IPAD, par le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, le gouvernement s'apprête à s'engager sur une nouvelle voie. Pourvu, craint-on, qu'il en ait mesuré les conséquences.

Car le dossier KMT se trouve présentement au niveau des instances judiciaires nationales qui doivent trancher sur le litige opposant notamment la Gecamines et d'autres partenaires associés, dont le canadien FQM, le sud-africain IDC et la SFI, filiale de la Banque mondiale, sur le retrait unilatéral par le Cadastre minier du PER 652 cédé en bonne et due forme à KMT en 2004. Ce qui s'ajoute au litige non encore tranché de la résiliation du contrat KMT - des tractations, confirment certaines sources, étant en cours pour vider les malentendus qui auraient conduit à cette décision.

Que cache alors cette nouvelle de reprise du projet KMT ? Quel avantage le gouvernement pense tirer de cette stratégie alors qu'il peut bien trouver son compte en discutant cartes sur table avec ceux qui sont déjà présents sur terrain ? Autant de questions qui poussent à une profonde réflexion. C'est, pense-t-on, la crédibilité de la RDC qui est en jeu, notamment en terme de sécurisation des investissements, elle qui s'est classée dernière sur le rapport Doing Business 2009 de la Banque mondiale. Il serait plus sage, pensent nombre d'observateurs, pour le gouvernement de chercher avant tout à trouver, par consensus, une voie de sortie au litige qui entoure le projet KMT en privilégiant le dialogue avec les partenaires déjà présents dans le projet.

Le fait pour le gouvernement de s'ouvrir à des partenaires autre que ceux déjà présents dans le projet ne ferait que multiplier des exceptions pour lesquelles la RDC court le risque de répondre de ses turpitudes devant les instances internationales d'arbitrage.

Qu'est-ce qui lui garantit qu'avec des nouveaux partenaires tout se ferait suivant les conditions non remplies par les anciens partenaires extérieurs de KMT ? Car, il y a bien des inquiétudes qui planent sur ce nouveau processus. C'est notamment la force financière de ces nouveaux acquéreurs et, éventuellement, leur notoriété au niveau international dans le secteur minier.

Le simple fait pour l'un d'entre eux de recourir aux places boursières pour lever les fonds nécessaires à la reprise de KMT prouve que le grand projet KMT risque de tomber entre des mains inexpertes. Le mieux à faire est de dépassionner le débat autour de la résiliation du contrat KMT. Et, ce ne sont pas les voies de sortie qui manquent - les partenaires extérieurs ne s'étant montrées défavorables à cette option. Autant les explorer pour une conclusion équilibrée de ce qui ne paraît que comme un simple malentendu entre la RDC, actionnaire à 5% dans ce projet, et d'autres partenaires extérieurs associés.


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