La Prospérité (Kinshasa)
15 Octobre 2009
Kinshasa — Six mois après la suspension de l'Adg Herman Mbonyo Lihumba, le ciel demeure encore nébuleux à la Société Nationale d'Assurances.
Quoiqu'il en soit, l'homme reste calme et serein. Car, croit-on, de toutes les missions d'audit menées dans l'entreprise par le CSP, l'IGF, et KPMG, cabinet d'audit d'une grande renommée internationale, rien de compromettant n'a été décelé pour confirmer un indice de megestion. Curieusement, le Premier ministre Adolphe Muzito a reçu, en date du 1er septembre 2009 de la Ministre du Portefeuille, le rapport de mission d'audit du CSP diligentée à la SONAS le 30 juillet 2009 pour attester la véracité des actes de megestion à charge de l'ADG Herman Mbonyo, décriés par les travailleurs, selon le rapport Mabunda, a-t-on appris des sources proches de la primature.
Cependant, une feuille d'observations des auditeurs circule déjà dans les médias, faisant croire à l'opinion qu'il y aurait eu effectivement un détournement à la Sonas. Mais, c'est quoi la feuille d'observations ? Une question qui vaut son pesant d'or, dans la mesure où il faut dissocier une feuille de route à un rapport proprement dit de résultats d'enquêtes. En effet, la feuille d'observation est un relevé général d'informations à vérifier, soumis à l'entité contrôlée ou auditer. Après confrontation, l'auditeur va procéder au redressement du rapport définitif qui ne retient que les faits non justifiés ou non élucidés. Dans le cas de la Sonas, la feuille d'observations a été discuté et a fait l'objet d'échanges entre les services de la Sonas et les auditeurs.
Toutes les questions posées ont trouvé des réponses précises avec des pièces justificatives. Il serait donc malvenu, que la Ministre du Portefeuille, bien qu'elle soit mise au courant de ces faits, laisse publier son rapport à charge de l'ADG Mbonyo. Apprend-t-on. Voudrait-t-elle se substituer au Procureur, bafouant ainsi le principe sacro-saint de séparation des pouvoirs? S'interroge l'opinion. Certains observateurs avisés, pensent que cet audit n'était qu'un alibi pour faire sauter Mbonyo bien avant même le contrôle des auditeurs. Ce qui fait penser, sans ambages, à un règlement des comptes sous couvert des audits. Cependant, indiquent les mêmes sources, ces auditeurs ont fait leur travail et ont établi qu'il n'y avait rien à reprocher à la gestion de Mbonyo.
Au jour d'aujourd'hui, indique un fonctionnaire proche du CSP, le chef de cette mission d'audit, un certain Kazadi wa Mutombo, Inspecteur général des Finances, a perdu son poste au CSP après avoir produit le rapport final qui ne met pas en cause l'ADG suspendu. Cependant, dans la lettre d'accompagnement du rapport transmis à Muzito, Mabunda aurait carrément affirmé qu' «après avoir pris en compte les réponses des mandataires à la feuille d'observations», les auditeurs sont tombés à la conclusion qu'il y aurait eu mauvaise gestion dans l'entreprise pendant la période allant de janvier 2008 jusqu'à juillet 2009».
A cette même période, croit-on, la Sonas avait une gestion très florissante. Et pour cela, elle était félicitée, à coup de show médiatique, par Madame Mabunda pour cette performance. «Depuis une dizaine d'années que je travaille pour l'Etat congolais, je n'ai jamais vu la SONAS réaliser autant d'exploits dans le paiement des sinistres et la modernisation de son outil de travail», disait la Ministre du Portefeuille Mabunda au cours de la cérémonie de remise des 200 Ordinateurs et Imprimantes matricielles acquis sur fonds propres de la SONAS.
C'est pourquoi, l'opinion voudrait bien savoir, quelle gaffe que ce pauvre Inspecteur, chef de mission d'audit aurait commise ? Le fait d'avoir rendu compte de ses observations en fonction des règles et principes de contrôle peut-il lui coûter son poste ? Et qu'est-ce qui est reproché à Omombo, le président du CSP démis de ses fonctions par Mabunda? C'est peut être pour avoir, lui aussi, adressé des félicitations en public à Mbonyo pour sa bonne gestion et la proposition d'élever la SONAS dans le rang des entreprises de catégorie A.
La vérité finira par éclater grâce aux nouvelles enquêtes en cours. D'après d'autres sources, il est indiqué que le rapport d'audit de la SONAS qui vient d'être transmis à la Primature reposerait sur les éléments contenus dans la Feuille d'observations relative à la gestion de la SONAS établie par Kazadi wa Mutombo, Bitasimwa Bahii et Makangu Kabongo.
Après analyse du document publié par Mabunda, les observateurs peuvent constater qu'il n'y a rien de répréhensible mis à charge de Mbonyo comme cela est souligné dans le rapport produit par les auditeurs auquel la Ministre ne fait pas cas. Et pourtant, A. Muzito avait, à son temps, demandé à Mabunda de diligenter une mission d'audit à l'ONATRA. Elle y a presque réservé une fin de non-recevoir en mettant en doute l'expertise de toutes les brigades de contrôle du pays, et notamment du CSP. Elle avait proposé au Chef du Gouvernement, le recrutement d'un cabinet d'audit international. Mais, pour la SONAS, le CSP est digne de confiance.
D'où la question de savoir sur les raisons de tous ces départs, renvois, permutations au Portefeuille, sont-ils le fait des griefs ou des sautes d'humeur de Jeannine Mabunda ? Mbonyo, partant du cadre organique n'a jamais créé des structures parallèles pour son usage personnel, comme le prétend Madame Mabunda.
Le Conseil d'administration n'a jamais été réduit en simple chambre d'enregistrement, il n'y aurait jamais eu des dépenses injustifiées pour un montant de 3,4 millions USD et consommé à la source 5,02 millions USD collectés au titre d'impôts, soutiennent certains travailleurs du secteur financier de la Sonas.
Le contrôle des dépenses à la caisse C27 des dépenses en USD, poursuivent ces travailleurs, indique, tour à tour, les noms des bénéficiaires, le libellé des dépenses. Et nulle part, il est fait mention de sortie des fortes sommes, comme cela était donné, pour justifier l'audit. Sur la fiche publiée dans la presse pour scandaliser l'opinion, on y lit, par exemple, «le 7/1/2009, folio n° 003, n° reçu 317182, sorties 350 USD, bénéficiaire assistant Muya, libellé Collation, observation : pas de justification».
Ainsi de suite. Pour la Ministre Mabunda, le fait que l'assistant Muya n'ait pas produit des pièces justifiant les dépenses pour l'argent reçu de l'entreprise, constitue un détournement. Peut-on produire des preuves de paiement pour chaque paquet de Chips acheté, chaque brochette consommée ? S'interroge cette même source.
D'où ce n'est qu'une présomption de malversation financière reprochée à Mbonyo à la place d'affirmer des choses non maîtrisées. Et pourtant, l'on n'y voit nulle preuve relative à l'accusation de la Ministre du Portefeuille qui reprochait à Mbonyo le fait de non enregistrement des recettes dans les livres de l'entreprise. La feuille d'observations publiée dans la presse, ne fait nullement mention des réponses des mandataires. C'est grave. Et cela dans quel but ? Ce dossier SONAS offre un obstacle d'un combat entre un fort et un plus faible.
La Sonas met quiconque au défi, on peut recruter de nouveau des milliers des cabinets privés d'audit pour élucider la question, il n'y aurait jamais d'indice de mégestion dans cette entreprise pour laquelle Mbonyo a consacré toutes ses énergies pour son relèvement.
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