Notre Voie (Abidjan)

Cote d'Ivoire: A'Salfo (Lead vocal de Magic System) - "Laurent Gbagbo est pour moi un père"

interview

Les Oscars du zouglou initiés par HR production du journaliste Yves Hamilton tiendra sa deuxième édition, le vendredi 30 octobre 2009, à 20 h, à la salle Bernard B. Dadié du Palais de la culture de Treichville. Magic System, parrain artistique de l'événement, situe les enjeux par la voix de son lead vocal, A'Salfo, avec une lucarne sur l'élection présidentielle prochaine en Côte d'Ivoire.

Votre groupe est le parrain artistique de cette 2ème nuit des Oscars du zouglou. Qu'allez-vous proposer au public ?

Notre dernier concert live au Palais de la culture de Treichville remonte à 2005. Donc renouer avec cette salle 4 ans après, sera une belle occasion de communion avec le public. C'est surtout pourquoi nous n'avons pas lésiné sur les moyens. On sera là avec tous nos musiciens avec qui on se déplace dans nos tournées internationales. Nous nous préparons comme si nous devions jouer à l'Olympia ou au Zénith.

Des promoteurs du rythme seront également récompensés au cours de cette soirée

Il faut les féliciter, parce qu'avec peu de moyens, ils arrivent à diriger des groupes. Surtout qu'il est rare de voir des cérémonies où les managers sont primés alors qu'ils sont les premiers promoteurs du zouglou.

A part vous, rares sont les zougloumen primés à l'extérieur par des structures sérieuses et reconnues. Qu'est-ce qui explique cela?

C'est grâce à notre politique managériale, il ne faut pas se voiler la face. On ne peut pas être ici et manager un groupe en Europe. Ce n'est pas possible. Parce que le métier de manager est totalement différent dans la pratique en Côte d'Ivoire. Ici, il faut qu'un groupe soit connu pour que son manager le soit aussi. Contrairement à la France où c'est plutôt le manager qui oeuvre pour que la carrière de l'artiste soit bien positionnée. A un moment donné, il va falloir en arriver là. Il faut que les managers fassent des sacrifices en confiant leurs poulains à des structures qui maîtrisent bien les circuits du show-biz européens pour leur permettre d'exceller. Parce qu'ils ne connaissent pas les vraies réalités du terrain. Nous par exemple, quand nous sommes arrivés en France, deux ans après, c'est-à-dire, en 2001, on s'est confié à une structure qui maîtrisait mieux les rouages du showbiz français, qui maîtrisait les médias, les différents promoteurs de spectacles et de festivals pour nous positionner. Le véritable problème est là.

La cérémonie coïncide avec la présidentielle en Côte d'Ivoire. Avez-vous un choix comme l'ont fait déjà vos collègues Alpha Blondy ici, Stevie Wonder aux Etats-Unis, Johnny Halliday en France ?

Alpha Blondy est un grand frère. Au nom du droit d'aînesse, je ne peux pas le contredire. Nous sommes en Afrique. J'estime qu'il a ses raisons. Mais je pense que le petit frère que je suis, peux aussi donner son point de vue. Ce qui nous intéresse vraiment le plus aujourd'hui, c'est la réunification du pays, l'entente entre les Ivoiriens et les élections. C'est vrai que je suis un leader d'opinion, mais je demeure avant tout un citoyen ordinaire comme tout le monde. Et comme le vote est secret, on respectera cette règle fondamentale. C'est moi seul qui sais celui pour qui je vais voter. C'est vrai que j'ai des accointances avec beaucoup de candidats. J'ai plus d'affinités avec le président Laurent Gbagbo qui est pour moi un père et qui m'a beaucoup reçu. Mais comme je vous l'ai dit, je ne peux pas ouvrir une lucarne sur une personne sur qui va se porter mon choix. D'ailleurs, je souhaiterais qu'on n'aille pas aux élections en tant que Bété, Baoulé ou Malinké. Allons aux élections tout simplement en tant qu'Ivoiriens.


Copyright © 2009 Notre Voie. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment