Martin Enyimo
19 Octobre 2009
Kinshasa — Dans son style de prédilection, le mélangisme, le général Brazzavillois, écrivain Benoît Moundélé Ngollo vient, une fois de plus, de livrer ses méditations, observations et pensées. « Lettre ouverte ou mea maxima culpa, son 5ème ouvrage paru aux Editions Hemar de Brazzaville a été présenté au public, en présence des écrivains du fleuve Congo.
« Lettre ouverte ou mea maxima culpa », c'est le titre du nouvel ouvrage interpellateur, de l'écrivain congolais de Brazzaville, Benoît Moundélé Ngollo. Cet ouvrage littéralement réquisitoire du général et préfet de Brazzaville, sorti aux Editions Hemar que dirige le professeur Mukala Kadima-Nzuji, a été porté sur les fonts baptismaux. L'événement a eu lieu le vendredi 16 octobre dernier, en la salle de conférences de la Mairie de Brazzaville.
Les membres de l'Association des écrivains du fleuve du Congo (AEFC) -dont fait partie Moundélé Ngollo- ont également été présents à la cérémonie de présentation du livre, pour accompagner l'un de leurs dans cette messe littéraire. Une délégation importante de l'Association est d'ailleurs venue de Kinshasa, avec le vice-président de l'Aefc, Philippe Masegabio Nzanzu, André Yoka Lye Mudaba, André Lukusa Menda, Marie-Louise Bibish Mumbu. Du côté de Brazzaville, Les écrivains Hygin-Didace Amboulou de Pointe-Noire et Emile Gankama de Brazzaville ont répondu présents à la cérémonie de présentation, tandis que le président de l'Association, Charles Zacharie Bowao a était empêché.
Présentant l'ouvrage, le critique littéraire André Lukusa Menda de la République démocratique du Congo a relevé que «Lettre ouverte ou Mea maxima culpa» est le cinquième ouvrage de Benoît Moundelé Ngollo publié aux Editions Hémar de Brazzaville, après « Du coq à l'âne» en 2002, «Libres pensées » en 2004, « Un peu de tout» en 2005 et «A bâtons rompus» en 2008. Postfacier de ce nouvel ouvrage, le professeur Lukusa Menda a rappelé une fois de plus le genre littéraire de l'oeuvre de Benoît Moundélé Ngollo ; même s'il donne à croire qu'il est un écrivain atypique, Moundélé Ngollo emploie le mélangisme et se présente en censeur social. « L'atypisme de Moundélé n'est pas atypique », a noté le critique littéraire.
Lukusa Menda a cité le préfacier de l'ouvrage Théophile Obenga ; ce dernier reconnaît le caractère chevaleresque de l'écriture de Moundélé Ngollo qui tient un degré des valeurs au sein de la société des écrivains, cela ne l'empêchant pas de renvoyer aux dures réalités quotidiennes. « L'écriture de Moundélé Ngollo n'est pas un manquement stylistique, on y retrouve de l'intertexte para poétique. Il répète sans commettre le délit de redite, affectionne le sensationnel comme le journaliste, pour choquer et réveiller les consciences endormies »
« Lettre ouverte ou mea maxima culpa », a signifié Lukuda Menda, est un ensemble de leçons de sagesse, avec des phrases telles que « la nation ne doit pas être une mosaïque de tributs, mais leur métissage harmonieux », ou encore « l'honneur et la dignité doivent être les principes moteurs des élites ». Si ces vérités dérangent, c'est plutôt la preuve d'une démocratie en marche. Il a conclu son propos en soulignant que l'écrivain Moundélé Ngollo est donc appelé à servir de modèle. Le professeur Mukala Kadima-Nzuji des Editions Hemar a mis en exergue la pertinence du contenu de « Lettre ouverte ou mea maxima culpa », qui aborde, au-delà des réalités sociopolitiques congolaises, celles de l'Afrique en général.
Après la lecture du texte « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » contenu dans le nouvel ouvrage par le comédien Stan Matingou, Benoît Moundélé Ngollo a commencé par transmettre sa chaleur communicative à l'assistance, avant de lire à son tour le texte « Je me confesse et je repens », plongeant l'assistance dans une sorte d'éveil de conscience. Après un échange enrichissant entre le public, Benoît Moundélé Ngollo a, dans une ambiance conviviale, dédicacé les premiers exemplaires vendus au prix éditeur de 8.000 Fcfa. Et dans la soirée, convié ses invités à un dîner à son domicile, afin de célébrer son cinquième ouvrage, un mélangisme s'inscrivant dans l'optique de réveiller les consciences de la population sur les abus des pouvoirs des dirigeants africains.
L'OUVRAGE
Ouvrage de 129 pages publié aux Editions Hemar de Brazzaville, « Lettre ouverte ou mea maxima culpa », contient 14 textes qui consacrent le caractère engagé du général écrivain Benoît Moundélé Ngollo, utilisant parfois des termes crûs et abrupts. Il s'agit de « La rumeur », « Fais ta dernière prière, car tu va mourir », « Ils iront pisser, déféquer et cracher sur nos tombes », « Je dénonce tout le monde, y compris moi-même », « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme », « Devant le peuple qui attendait beaucoup de moi ». Il y a également « Je me confesse et je me repens », « Le vagabondage politique », « Dialogue entre deux amis dont l'un est un nouveau riche », « Les paradoxes de la vie », « Jugeons-en nous-mêmes en toute impartialité », « A travers les siècles » et enfin, « Message à mes frères du R.E.M ».
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