L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Fano Rakotondrazaka
19 Octobre 2009
Après l’échec de Genève, les chefs de file des quatre mouvances pourraient se retrouver à Addis Abeba du 3 au 5 novembre. Certains émettent déjà une réserve quant au choix de la capitale éthiopienne.
La réunion des chefs de file des quatre mouvances politiques malgaches à Addis-Abeba est en vue après l'annulation du rendez-vous de Genève, du 17 au 19 octobre. Pour l'heure, rien n'est encore officiel, d'après l'émissaire des Nations unies, Tiebilé Dramé, qui a précisé hier soir que les médiateurs sont actuellement en phase de consultation sur cette proposition. Dans le milieu politique, le choix de la capitale éthiopienne divise l'opinion.
Contrairement à son refus de la tenue du sommet à Genève, l'ancien président de la République Marc Ravalomanana a félicité son organisation à Addis Abeba, c'est-à-dire en Afrique. Il a ainsi manifesté sa volonté d'y participer. «Nous espérons que les négociations d'Addis Abeba début novembre, et non à la fin de ce mois, aboutiront à la mise en place d'un gouvernement de la Transition neutre qui se chargera de la préparation des élections», a-t-il déclaré hier après-midi, lors d'une conférence de presse par voie téléphonique d'environ trois quarts d'heure, au quartier général des légalistes à Bel Air.
Malgré son langage favorable au dialogue, Marc Ravalomanana insiste toujours sur son refus d'attribuer la présidence de la Transition à un auteur de changement anti-constitutionnel. «Je ne peux pas accepter un putschiste à la tête de la Transition. Je ne veux pas que Madagascar devienne un mauvais exemple dans le monde», a-t-il souligné.
De son côté, le chef d'équipe de la mouvance Zafy aux négociations au Carlton, Emmanuel Rakotovahiny, a aussi manifesté la détermination de sa délégation à se rendre à Addis-Abeba. Le vice-président de la Transition désigné au Carlton le 6 octobre, a révélé hier que l'émissaire de l'Union africaine, Ablassé Ouedraogo, lui a demandé vendredi s'il était prêt à participer au sommet d'Addis-Abeba.
Pour Ny Hasina Andriamanjato de la mouvance Rajoelina, aucune date n'est encore fixée. Mais la proposition en vue du rendez-vous à Addis-Abeba existe vraiment. Interrogé sur la position prise par Marc Ravalomanana contre l'accession de Andry Rajoelina à la présidence de la Transition, le vice-Premier ministre a répondu que l'opinion internationale est déjà fixée sur la question.
Un point de non retour
«Il n'est plus question de revenir sur ce point. Les gens sont impatients de voir se réaliser la formation du prochain gouvernement», a-t-il déclaré hier au téléphone.
Ange Andrianarisoa de la mouvance Ratsiraka, quant à lui, a affirmé qu'il n'est pas encore tenu au courant de ce nouveau rendez-vous. Il a confié, cependant, que l'éventuelle organisation de la prochaine rencontre à Addis-Abeba a déjà été soulevée vendredi, lors de la réunion avec les médiateurs au Carlton. À cette occasion, la mouvance Ratsiraka avait émis à Tiebilé Dramé une objection sur la capitale éthiopienne à cause de sa haute altitude qui pourrait entraîner des vertiges. «Addis-Abeba ne conviendrait pas aux Malgaches surtout qu'une partie des membres des délégations sont d'un âge certain. Des membres d'autres mouvances partagent cette idée», a soutenu Ange Andrianarisoa.
L'ancien président de l'Assemblée nationale a toutefois ajouté que cette objection ne signifie pas que la mouvance Ratsiraka va d'emblée s'abstenir d'aller à Addis-Abeba.
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