San Finna (Ouagadougou)

Afrique: CAN 2010 - Qualification des Etalons - Sortie hasardeuse de l'entraineur

Issouf Sidibé

18 Octobre 2009


Le Burkina Faso a obtenu sa qualification pour la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2010, à l'issue de la cinquième journée des éliminatoires CAN/CM 2010 disputées le week-end dernier. C'était le 11 octobre dernier à Accra au Ghana contre la Guinée Conakry. Score final 2 ≠1à la faveur des Etalons. Avant même la dernière journée, les Etalons s'ouvrent la route pour l'Angola 2010. C'est du moins, une mention spéciale pour tous les acteurs du football burkinabè. Surtout que le Burkina Faso a brillé par son absence lors des deux dernières éditions de la CAN.

Après les deux défaites contre les Eléphants de la Côte d'Ivoire, les Etalons avaient le dos au mur. Entre un public sportif désabusé et à la recherche d'un point qualificatif, Mamoudou Kéré et ses coéquipiers n'avaient d'autre choix que de se déterminer avec abnégation pour retrouver confiance avec le peuple burkinabè peu patient. Déjà en rencontrant la Guinée au Ghana, une réelle chance de prendre le dessus augurait pour le onze national burkinabè. En effet, la FIFA a jugé la sécurité précaire à Conakry, suite

Paulo Duarté

aux derniers évènements sociopolitiques et a déplacé le match retour à Accra. Pour le match du jour, les Etalons, à la recherche qu'un seul point, ont joué dans un tempérament calme optant pour la solution défensive. Toute chose qui a payé pour le onze national. Ainsi, on dira bravo aux Etalons ! Habib Bamogo, le nouveau venu, après moult tentatives a pu s'illustrer en marquant son tout premier but avec l'équipe nationale. Son expérience avec les Etalons servira à coup sûr pour la phase finale de la CAN en 2010. Bravo au « messie » venu du Portugal, Paulo Duarte Jorge Rebelo.

Mais la seule fausse note de l'après-qualification reste la sortie hasardeuse de l'entraîneur national face à la Presse au Ghana avant de s'envoler pour l'Hexagone où il entraîne aussi l'équipe du Mans. En effet, lors de la conférence de presse, le technicien portugais s'est livré à une partie de pugilat contre une partie des médias au cours duquel tous les coups lui étaient permis. Vert de rage, l'écume aux lèvres, l'insulte à la bouche et l'ire inextinguible, Duarte manquait de qualificatifs et de mots assassins pour en découdre avec, précisons-le encore, « au moins 50% de la presse de Ouaga » comme nous l'ont rapporté nos confrère de retour de l'expédition. Et pour cause : sa déculotté mémorable face à la Côte d'Ivoire à son sens ne devrait pas être critiquée. « A vous journalistes, je dis toute ma désolation.

C'est merde, merde, avec ma force et toute ma pensée, c'est merde. Il faut quand même nous accorder cet accident de parcours en Côte d'Ivoire » se serait exclamé le Portugais. Si nous sommes revenus sur cette affaire, il nous est pas loisible ici de nous ériger, comme lui, en censeur ou en distributeur de bons points. Mais simplement pour dire que cela semble ces derniers temps être à la mode puisque de l'autre côté de l'Atlantique en Argentine, Diégo Maradona entraîneur, s'en prenait lui aussi de la façon la plus ignominieuse qui soit à la Pesse de son pays après la qualification 1 de son pays à 0 face au Paraguay. Mais pour ce dernier, il est dans son pays et on lui reconnaît volontiers ses frasques passées et son penchant prononcé pour la drogue même si tout cela ne saurait être une excuse. Il a peut-être été un très bon joueur mais pour ce qui est de ses compétences en tant qu'entraîneur, c'est discutable. Peut-être ne sommes-nous pas encore au bout de nos surprises, attendons donc la qualification de la France.

Pour Paolo Duarte, ce n'est ni excusable, ni concevable qu'il traite la presse nationale de la sorte parce que rien ne le justifie, et nous nous attendons de voir s'il va le faire avec les journaux de l'Hexagone surtout au journal phare « L'Equipe » qui commence sérieusement à douter des ses compétences à diriger Le Man en France, ou encore qu'il s'en prenne aux journaux régionaux qui attendent toujours que le Man puisse convaincre dans son jeu en engrangeant des points dans le championnat français. Traiter des journalistes burkinabè d'apatride ou de non Burkinabè, c'est vraiment le summum de l'irrespect de tout un peuple et on a vite franchi les réflexes néocolonialistes d'un autre âge.

Aujourd'hui il peut se targuer d'avoir accompli cette prouesse en gagnant 8 des 11 matches livrés mais c'est parce qu'il est chanceux d'avoir eu sur son chemin un bon effectif, sinon avant lui l'équipe a existé avec Troussier Philippe et il ne pourra jamais avoir sans son CV un demie-finale de CAN s'il continue dans cette lancée. Donc après lui elle existera ! Alors, qu'il se contente d'être entraîneur et portugais ; c'est tout. Dans d'autres pays, cet entraîneur n'allait plus jamais mettre le pied sur leur sol, mais nous sommes un peuple de paix et nous attendons des excuses publiques et vite !

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