Gabonews (Libreville)
Douglas Anselme Ntoutoume
20 Octobre 2009
Libreville — Le gouvernement réunit, lundi, en Conseil des ministres, a décidé de « faire arrêter les fonctionnaires gabonais présumés impliqués et résidant sur le territoire national » après les « malversations financières provisoirement évaluées à 19 milliards de francs CFA au bureau extérieur à Paris de la Banque des Etats d'Afrique Centrale (BEAC) » en prenant aussi le soin d'annoncer le « rappel du gouverneur de la BEAC en vue de son remplacement ».
Le gouvernement gabonais qui a « déploré » la situation prévalant au bureau extérieur à Paris de la BEAC, a également décidé de « faciliter les enquêtes des cabinets d'audits mandatés par l'Institution ainsi que les investigations de la Brigade financière française auprès de qui la BEAC a porté plainte ». Tout en reconnaissant qu'il s'« agit d'un organisme international et indépendant, la République Gabonaise souhaite vivement que les autres pays membres participent activement à la recherche de solutions pour restaurer la sérénité et la crédibilité de la BEAC ».
Pour l'heure, l'identité des fonctionnaires gabonais en poste à la représentation de la BEAC à Paris, désormais dans l'oeil du cyclone, n'a pas été révélée par les autorités de Libreville.
Toutefois, selon notre confrère Jeune Afrique, version en ligne, « deux des principaux protagonistes ont été arrêtés par la police gabonaise » dans la capitale.
« Il s'agit d'Armand Brice Ndzamba et de Maurice Moutsinga, respectivement ex-comptable du bureau parisien de l'établissement et ancien directeur central de comptabilité au siège de Yaoundé », a précisé l'hebdomadaire.
La Banque dont le siège se trouve à Yaoundé (Cameroun) était jusque là dirigée par un gabonais, Philibert Andzembé. Objet d'un rappel dans son pays avant sa succession, l'homme a réfuté, devant la presse, les accusations de « laxisme » dans la gestion dont il avait la charge depuis juillet 2007.
Jeune Afrique croit savoir que le gouvernement gabonais « proposera un candidat qui achèvera le mandat d'Andzembé. Il pourrait s'agir du ministre gabonais délégué a l'économie forestière » dans l'équipe sortante » et « ancien du FMI, M. Barro Chambrier ». De toute évidence, l'esprit de Fort-Lamy, qui a prévalu jusqu'ici avec l'occupation, par le Gabon de la tête de la Banque commune au Tchad, Guinée-Equatoriale, Cameroun, RCA et Congo, est remis en cause par Malabo. Le président Téodoro Obiang Nguema de Guinée Equatoriale (troisième producteur africain de pétrole)a préconisé un système de rotation à la direction des organes qui composent la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) dont la BEAC, face à l'évolution du paysage économique dans les pays membres. Cette approche pourrait revenir sur le tapis vert lors du sommet des chefs d'Etat de la CEMAC prévu dans les jours à venir.
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