Sami Akrimi
20 Octobre 2009
Le point d'Abuja devait constituer le véritable décollage du onze national. Retour sur terre face au Kenya et l'Arabie Saoudite
Cela mérite d'être rappelé : le 6 septembre dernier à Abuja, la Tunisie était pratiquement éliminée de la course au Mondial à une minute de la fin du temps réglementaire. Puis il y eut ce coup de génie de Darragi qui s'engouffre dans les seize mètres cinquante adverses, s'en va fixer le gardien adverse, marque un temps d'arrêt puis loge le ballon dans un angle fermé. Explosion de joie dans le pays et sur le banc tunisien où Coelho et le staff technique qui l'accompagne viennent d'échapper à l'humiliation et sans doute au limogeage, à élimination consommée.
La question qui s'est dès lors posée au coup de sifflet final de l'arbitre était la suivante : que fera-t-on de ce point miraculeux et servira-t-il à faire avancer les choses? Bilan : ce point a été suivi de trois autres face au Kenya et d'un public - enfin - revenu à Radès pour être aux côtés de ses favoris. Pour le reste, il est fort mitigé, à l'image de la prestation frileuse et franchement décevante de notre onze national face aux Kényans. Prestation suivie d'une sortie et d'une défaite incompréhensibles face à l'Arabie Saoudite.
A ce point de la situation et à près de trois semaines d'affronter le Mozambique à Maputo, nous ne savons franchement pas si les leçons du parcours de cette équipe de Tunisie ont été retenus. Pour n'avoir pas osé le 20 juin dernier à Radès face à notre concurrent direct, nous avions été contraints au nul et avions relancé le Nigeria dans la course à la qualification à la Coupe du monde. Pour n'avoir pas osé le 6 septembre dernier à Abuja, nous avions failli quitter la course. Pour avoir enfin évolué avec un seul avant nominal, Jomaâ, le 4 octobre dernier à Radès, nous avons raté l'opportunité d'améliorer notre goal différence et de nous présenter à Maputo avec un avantage psychologique par rapport aux Nigérians.
Pourtant, le diagnostic est fait
Pourquoi en est-on arrivé là alors qu'on aurait pu fêter un peu plus tôt notre qualification? Mille fois évoquées, les raisons ne sont plus un secret pour personne, pas même pour les inconditionnels que sont tous les Tunisiens de notre équipe nationale : choix frileux; football défensif; la part belle aux récupérateurs aux dépens des joueurs constructifs et offensifs et prudence excessive face à des adversaires qui ne se sont guère avérés comme des foudres de guerre Coelho n'a tout simplement pas été à la hauteur de ses promesses du départ, comme en témoignent les sept petits buts réussis en cinq rencontres et la situation peu confortable d'aller chercher la qualification chez un adversaire qui vise la troisième place qualificative à la CAN.
Mais ça, tout le monde le sait, comme on sait que la confiance accordée aux défenseurs, aux pivots défensifs et autres récupérateurs n'est pas la même que celle accordée aux attaquants. Seul Issam Jomaâ a bénéficié des faveurs d'Umberto Coelho, alors que tous les autres ont connu l'oubli, le banc, les gradins ou, au mieux, quelques apparitions en cours de rencontres. Pis encore, cette équipe de Tunisie est réduite à évoluer avec un seul véritable avant, de surcroît pas à son poste.
Tout cela nous amène à parler de ce fameux rendez-vous du 14 novembre à Maputo. De ce rendez-vous et d'autres choses encore. Mais procédons par ordre. Sans entrer dans des détails moulte fois explorés et exposés, la réalité nous dicte que seule la victoire (indépendamment de Kenya-Nigeria) nous conduirait l'été prochain en Afrique du Sud. De ce fait, la logique nous amène à penser qu'une véritable stratégie offensive s'impose. Et qui dit stratégie, dit qu'il faut des hommes pour l'exécuter. Des hommes qui en ont le profil et pas des pivots défensifs qu'on voudrait transformer en relanceurs, en constructeurs et en finisseurs sur le tableau noir.
Bref, la responsabilité du staff technique sera entièrement engagée et nous demeurons persuadés que des choix plus téméraires sont encore possibles, même si cette équipe de Tunisie a pris depuis le départ un visage fort conservateur et très peu offensif.
Cela est valable pour Maputo, mais aussi et surtout pour la CAN en janvier prochain en Angola et, si Umberto Coelho le veut bien, l'été prochain en Afrique du Sud. Le football est prudence, calculs et stratégie, mais il est aussi risque et courage. Celui qui n'ose rien, n'a rien
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