Notre Voie (Abidjan)
Gomon Edmond
20 Octobre 2009
Certains détenus de l'opération main propre de la filière café-cacao ont décidé de ne plus se soumettre à l'exercice de la confrontation avec les ministres de tutelle au Tribunal d'Abidjan-Plateau parce qu'ils estiment que le doyen des juges, Ladji Gnakalé Joachim, a été partisan lors de l'interrogatoire du ministre Dano Djédjé, le 6 octobre dernier. Ils ont adressé un courrier au juge Gnakalé pour exprimer leur mécontentement.
«Depuis le 18 juin 2008, vous nous avez placé sous mandat de dépôt et écroué à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca). Vous nous avez entendus plusieurs fois sur tous les aspects de notre gestion. A ce jour, nous ne savons toujours pas les raisons pour lesquelles nous sommes toujours en détention après seize mois. Par ailleurs, la confrontation avec le ministre Dano Djédjé nous a paru totalement biaisée en ce que les vrais problèmes n'ont pas été abordés. C'est pour toutes ces raisons que nous décidons de ne plus nous présenter aux différentes auditions ou confrontations ", indique le courrier de quelques détenus notamment Henri Amouzou, Théophile Godji, Firmin Kouakou.
Selon notre source, les détenus de la Maca, pour se dédouaner de certaines charges qui pèsent lourdement sur eux, auraient imaginé des chefs d'accusation contre certains ministres proches du pouvoir. Le juge Gnakalé, lors de la confrontation qui a eu lieu entre eux et le ministre Dano Djédjé, le 5 octobre dernier, a pu se rendre compte que les accusations portées contre ces personnalités de premier plan étaient sans fondement. «Puisque les cas de détournements qui avaient été évoqués par le sieur Amouzou et ses sbires ne seront pas matériellement justifiés faute de preuves tangibles. C'est par exemple la sommme de deux milliards du FDPCC qu'aurait confisqué le ministre Dano Djédjé pour le compte de l'agriculture», a indiquée la source. Et de poursuivre : «Amouzou accuse le ministre d'avoir gardé par devers lui quelques centaines de millions FCFA tirés du coffre de la filière. Des déclarations dont le doyen des juges s'est saisi pour interroger une fois encore le mis en cause. Malheureusement, c'est avec déception que le juge a clos sa séance de confrontation», révèle la source.
A en croire, la source, lorsqu'il s'est agi de brandir les preuves des allégations, les détenus de la Maca sont restés de marbre. Et n'ont à aucun moment inquiété le ministre Dano Djédjé.
Les détenus de la filière café-cacao ont-ils le droit de refuser les confrontations parce qu'ils s'estiment lésés par le juge Gnakalé ?
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Notre Voie. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com).
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.