America.gov (Washington, DC)
Kathryn Mcconnell, rédactrice
19 Octobre 2009
Une importante fondation des États-Unis a décidé de fournir des dons se chiffrant à 120 millions de dollars à neuf organisations dans le but d'aider les petits agriculteurs dans les pays en développement.
« Aider les petits exploitants agricoles les plus pauvres à accroître leurs récoltes et à les faire parvenir aux marchés est le moyen le plus puissant dont nous disposons pour réduire la faim et la pauvreté dans le monde », a déclaré M. Bill Gates, fondateur et coprésident de la fondation Bill et Melinda Gates. Il s'exprimait lors d'un symposium international sur l'alimentation et l'agriculture tenu le 15 octobre à Des Moines, dans l'Iowa. Ces dons fournis par la fondation Gates cibleront la recherche scientifique visant à améliorer les variétés de légumineuses, de sorgho, de millet et de patates douces.
Les fonds permettront aux gouvernements africains d'avoir accès aux ressources nécessaires pour établir un cadre de réglementation du secteur de la biotechnologie et pour mettre au point des mécanismes d'appui aux petits agriculteurs, notamment en leur faisant parvenir des informations opportunes par voie de téléphonie mobile et par radio.
L'Alliance pour une révolution verte en Afrique a fait savoir qu'elle recevra 15 millions de dollars de la fondation Gates pour aider les agriculteurs de l'Éthiopie, du Ghana, du Mali, du Mozambique et de la Tanzanie à améliorer leurs capacités de décideurs en leur offrant de la formation. L'alliance allouera une partie de ces fonds à des instituts de recherche scientifique et établira des banques de données qui permettront de développer une meilleure politique agricole.
Des sommes fournies par la fondation Gates iront aussi à des programmes d'alimentation dans les écoles qui achètent leurs produits sur les marchés locaux. D'autres fonds viseront à aider les femmes qui travaillent dans les champs dans des zones inondables de l'Inde à mieux gérer les risques. Les nouveaux dons annoncés par la fondation Gates viennent s'ajouter aux 1,4 milliard de dollars que cette organisation caritative basée à Seattle avait déjà consacrés au développement agricole.
« De nombreuses voix se sont élevées avec raison pour défendre l'environnement contre certaines exagérations de la révolution verte initiale », tel l'usage excessif d'engrais et de systèmes d'irrigation, a dit M. Gates. Mais les variétés améliorées de céréales qui ont été développées au cours des années 1960 et 1970 ont permis de sauver la vie de millions de personnes qui étaient menacées par la famine en Asie. M. Gates a exhorté les scientifiques, les agriculteurs et les groupes de défense de l'environnement à concilier leurs différences d'opinion dans le débat sur la productivité et la durabilité de l'agriculture. « Le fait est que nous avons besoin de ces deux aspects et il n'y a pas de raison qu'ils ne puissent pas coexister. Nous avons mis au point des graines qui peuvent pousser dans des conditions de sécheresse, survivre aux inondations et résister aux nuisances et aux maladies. Nous avons eu des récoltes abondantes même pendant des saisons défavorables », a ajouté M. Gates.
Il a souligné que la façon d'accroître la productivité, notamment sur les petites exploitations agricoles, était de mettre en pratique les résultats de la recherche scientifique tout en les adaptant aux conditions locales, ce qui favoriserait également un développement économique durable.
Lors d'une conférence de presse tenue le lendemain à Washington, à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, la secrétaire d'État, Mme Hillary Rodham Clinton, a déclaré que la lutte contre la faim et l'appui à une croissance économique durable fondée sur l'agriculture étaient des priorités de la politique des États-Unis. « Nous souhaitons aider les petits agriculteurs du monde entier à produire davantage d'aliments », a dit Mme Clinton. « La biotechnologie est cruciale pour augmenter la productivité agricole, notamment en raison des changements climatiques, tout comme elle peut améliorer la valeur nutritive des denrées de base. » S'exprimant à la même conférence, le ministre de l'agriculture, M. Tom Vilsack, a déclaré que la biotechnologie constituait l'un des moyens d'assurer la durabilité de l'agriculture mais qu'il était aussi important de promouvoir les pratiques agricoles traditionnelles qui peuvent aussi y mener.
Ce symposium était parrainé par le Prix mondial de l'alimentation.
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