Cameroon Tribune (Yaoundé)
Waffo Mongo
21 Octobre 2009
Imperturbable, le président nigérien Mamadou Tandja continue sa marche controversée vers l'exercice solitaire du pouvoir dans son pays. Ainsi, comme voulu par le chef de l'Etat, les élections législatives ont eu lieu hier à travers le territoire national, avec pour objectif de remplacer l'ancien parlement dissous parce que hostile au projet de Mamadou Tandja de changer la constitution par referendum afin de se maintenir autant qu'il le veut au pouvoir. Ces législatives se sont donc bel et bien tenues. Et ce, en dépit des appels pressants de l'Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union européenne (UE) à les reporter pour renouer le dialogue politique rompu entre le président Tandja et l'opposition.
La CEDEAO avait même tenté une mission de dernière chance, en dépêchant des émissaires à Niamey : la présidente libérienne Ellen Johnson-Sirleaf, l'ancien chef d'Etat du Nigeria Abdulsalami Abubakar et le président de la Commission de la CEDEAO Mohamed ibn Chambas. Peine perdue. Le pouvoir a fait la sourde oreille. Contre vents et marées, le scrutin a été maintenu. Et bien évidemment, comme prévu ce scrutin a été boycotté par l'opposition qui, depuis des mois, dénonce un "coup d'Etat" constitutionnel du président. Six millions de nigériens étaient donc appelés à voter. On dénombre quelques candidats indépendants, mais la vingtaine de formations en lice sont pour la plupart proches du régime.
Mamadou Tandja a désormais franchi la ligne rouge qui va durablement le mettre au banc de la communauté internationale. Les relations entre le Niger et les autres pays de la sous-région, de même qu'avec l'Union européenne vont tout à fait logiquement en prendre un grand coup. Le pouvoir a-t-il fait la meilleure lecture des conséquences réelles de cette logique obsessionnelle sur le développement économique du pays et l'avenir à terme du peuple nigérien ? C'est peu sûr. On l'a vu lors du référendum du 4 août dernier, la volonté présidentielle est passée comme une lettre à la poste. Peu importe le boycott des partis d'opposition, les récriminations diverses de la communauté internationale et les données sur le taux réelle de participation. Les chiffres officiels vont une fois de plus faire foi et ont force de loi. Le président Tandja a parachevé l'édification de l'architecture de la démocratie nigérienne comme il l'entend : un parlement monocolore aux ordres, une Cour constitutionnelle muselée, une opposition (politique et civile) bâillonnée. Mamadou Tandja est donc allé jusqu'au bout de sa logique pouvoiriste. Celle d'atomiser tous les contre-poids institutionnels, de neutraliser le dialogue politique national et d'assumer en solitaire et sans partage le destin du peuple nigérien. Est-cela que ce peuple mérite ? Une telle démocratie sur mesure est-elle dans son intérêt supérieur ? Assurément pas. Mais l'avenir a sans doute des secrets qui ne peuvent être dévoilés dans la foulée de l'action.
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le grand peche a cause duquel on s acharne sur le Niger ne se resume t il pas sur le fait que ce paisible pays d afrique a enfin ete gratifie d un president patriote et bienvaillant resolument engage dans le redressement du pays sur tous les domaines?
Est il humain de sanctioner un pays souverain pour la simple raison qu il a choisi le remede adapte a ses problemes?Avons nous oublie l exhortation du digne et claivoyant fils d afrique Obama: chaque pays doit faire la democratie selon son contexte propre?
Les nigeriens connaissent mieux que quiconque le remede a leur probleme agueris par l echec des 20 ans d experience democratique ils ont epouse dans leur ecrasante majorite le projet de Tanja : celui de mener le pays vers une democratie adaptee au pays
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