Le Potentiel (Kinshasa)
21 Octobre 2009
Kinshasa — La dernière augmentation du prix du carburant n'était que secret de polichinelle. Elle était attendue et les pétroliers ont usé de la pression pour obliger le gouvernement à approuver les premières propositions. Ainsi, le litre d'essence passe de FC 835 à 895.
Hausse qui, selon les premiers éléments d'information, serait due à la dépréciation continue de la monnaie. Elle s'échange actuellement à FC 880 le dollar.
Autre élément à prendre à compte, la hausse du prix du baril de pétrole sur le plan international. Il a atteint la barre de 800 dollars le baril depuis quarante-huit heures. Toutefois, il nous revient que sur le plan national, le gouvernement s'apprêtait à défiscaliser les produits pétroliers. Voilà autant de causes qui seraient à la base de la majoration progressive, dit-on, des prix du carburant.
La crainte, c'est que cette majoration aura des effets d'entraînement sur d'autres produits et dans différents secteurs de la vie nationale. Le coût du transport prendra de l'ascenseur pendant que les prix des produits alimentaires et autres biens de consommation obéiront à la même logique. La flambée des prix est incontournable.
Ceci tombe mal à propos au moment où des critiques de plus en plus sévères sont formulées à l'endroit du gouvernement. Plus particulièrement au niveau de l'Assemblée nationale où l'on a commencé à tirer la sonnette d'alarme sur la détérioration de la situation sociale.
Cette flambée des prix ramène incontestablement le débat sur la table. Notamment là où il a commencé, à l'hémicycle, pour placer chaque député devant le sens de son dernier «vote ». Car cette augmentation des prix va affecter, une fois de plus, ce pouvoir d'achat déjà érodé de la population, accentuer davantage la misère d'un peuple déboussolé.
En effet, rien n'indique que le gouvernement dispose d'une quelconque parade pour s'appuyer sur des stratégies susceptibles de maîtriser la situation. Allusion faite ici à l'existence d'une politique d'incitation à la production, à l'accès au crédit et à la promotion de l'agriculture pour favoriser la sécurité alimentaire.
Le gouvernement vient donc d'être rattrapé par la réalité des faits. S'appuyant sur la « politique d'autruche » sous-tendue par la culture de « l'auto-satisfaction » relayée par un « clientélisme abject », le tournant actuel des choses ne présage pas de bons augures. Il est temps que l'on réajuste le tir au regard des objectifs, surtout politiques, à très court terme.
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