L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Mahefa Rakotomalala
21 Octobre 2009
Des membres du personnel navigant et technique de compagnies aériennes sont suspectés dans des trafics illicites de devises et de pierres précieuses.
Le Service de renseignement financier (Samifin) dénonce un fait suspect, depuis bien des années. Des membres du personnel navigant et technique des compagnies aériennes sont impliqués dans des transferts illicites de devises et de pierres précieuses vers l'étranger. Ils sont utilisés par de « gros bonnets » pour faire passer les marchandises sans passer par le service des douanes et les contrôles de police. Selon les explications de Jean Claude Razaranaina, directeur général du Samifin à la presse hier, les marchandises sont directement amenées et déposées aux cabines de rangement prévues pour les bagages à main. Leurs propriétaires n'ont plus ensuite qu'à les récupérer.
« C'est un véritable réseau qui touche plusieurs personnes aussi bien parmi le personnel navigant commercial que le personnel technique commercial au sol », déclare le patron du Samifin qui s'est toutefois gardé de préciser le nom d'une compagnie particulière.
En tout cas, toutes les compagnies aériennes assurant une destination vers ou à partir de Madagascar ont toutes été representées hier lors d'une réunion d'information durant laquelle le Samifin a exposé le mécanisme de ce nouveau réseau. Il y a également eu des douaniers ainsi que des responsables de la sûreté et de la sécurité de l'aéroport.
D'après quelques confidences, certains ont manifesté leur frustration face à cette suspiscion, d'autres étaient surtout sur la défensive, car l'existence d'un tel trafic implique une faille dans leur méthode de travail. Douan Clarisse, directeur général par interim de l'Aviation civile de madagascar (ACM) et premier responsable du trafic aérien à Madagascar, met le problème sur le compte du manque de moyens. D'après lui, ceux qui s'occupent de la sécurité de l'aéroport n'ont pas jusqu'ici, pu investir dans les moyens adéquats pour prévenir un tel trafic.
Manque de moyens
« Si un tel trafic existe, c'est parce qu'il y a des personnes qui ne font pas correctement leur travail. Le manque de moyen complique davantage nos tâches. Voilà pourquoi la sensibilisation est importante pour éradiquer ce trafic », soutient-il.
Toutefois, le Samifin reste impuissant face à cette situation. Son statut ne lui confère pas la compétence requise pour procéder à des enquêtes judiciaires. Dans le jargon juridique, c'est simplement un service de renseignement financier administratif, qui a pour mission de faire connaître l'existence d'un trafic aux autorités compétentes. Il appartient ensuite à ces dernières de faire le nécessaire pour appréhender les coupables. Reste à savoir si les trafiquants d'Ivato et leurs commanditaires seront connus un jour.
Destination Dubaï
Dubaï est la principale destination des devises ou des pierres précieuses qui sortent illicitement d'Ivato. Ce sont les importateurs qui utilisent cette filière pour éviter de passer par le circuit légal en l'occurrence des transactions interbancaires. D'après le Samifin, les devises servent à acheter des marchandises de luxe principalement des produits électroménagers, des matériaux de constructions et des pièces détachées. Des informations devront faciliter l'identification des gros bonnets qui commanditent ces trafics. Toutefois, le Samifin, à l'heure actuelle, est dans l'incapacité de donner des chiffres sur le montant des transactions qui passent par ce trafic illicite.
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