Midi Madagasikara (Antananarivo)
Hanitra R.
21 Octobre 2009
La mise en place des cantines populaires par la Croix-Rouge depuis maintenant plus de trois mois à Antananarivo, en témoigne : le problème de l'insécurité alimentaire est réel dans les agglomérations urbaines.
Depuis le mois de juillet 2009, ces cantines populaires constituent l'unique moyen pour les plus défavorisés, notamment les enfants et les femmes, de se nourrir correctement à un prix plus qu'abordable puisque les repas, équilibrés et répondant aux besoins nutritionnels des personnes, y sont servis moyennant le paiement de la modique somme de Ar 100. Près de 650 000 repas sont prévus être servis dans ces cantines durant la période de 5 mois initialement prévue pour la réalisation du programme.
Sans les actions humanitaires de ce type, les plus démunis sont confrontés régulièrement au problème de sous-alimentation. Sachant que plus de la moitié des ménages ne mangent plus correctement et que de plus en plus de familles ne prennent plus actuellement les trois repas quotidiens, on assiste à l'apparition de nouvelles facettes de la « sous-nutrition ». Certes, il ne s'agit pas de la sous-alimentation telle que l'on la définit de manière universelle et qui fait référence au manque important de nourriture ou encore au « kere ». Il n'en demeure pas moins que la sous-nutrition affecte de manière sournoise un nombre de plus en plus important de familles en milieu urbain.
Zone franche. Il ne s'agit plus seulement des familles les plus démunies. Des ménages, aux revenus modestes, mais qui ont toujours pu, tant bien que mal, subvenir à leurs besoins en matière d'alimentation, se retrouvent aujourd'hui en grande difficulté. Norovelo, aujourd'hui marchande à la sauvette à Tsaralalàna, en fait partie. Cette mère de cinq enfants, a dû se « reconvertir » après la perte, en juillet dernier, de son emploi dans la zone franche. « Avant, mes enfants et moi pouvions toujours manger trois fois par jour, même s'il ne s'agissait pas de repas très équilibrés tous les jours. Aujourd'hui, nous 'sautons' un repas par jour et seuls mes enfants âgés entre 3 et 12 ans, mangent le soir ».
A la tête d'une famille monoparentale, Norovelo a réussi, jusqu'à ce qu'elle se retrouve au chômage, à subvenir aux besoins alimentaires de sa famille avec son salaire de Ar 110.000. Ce qui n'est plus le cas ces trois derniers mois car elle a, du jour au lendemain, dû changer de vie. Son activité de marchande à la sauvette ne lui procure pas autant d'argent qu'auparavant car elle rentre le soir avec environ Ar 2000 à Ar 3000, tout au plus. A peine de quoi acheter de la nourriture pour la journée.
Qualité. Pour les ménages en difficulté, la qualité des repas ne constitue plus une priorité. Un peu de riz et de quoi l'accompagner, suffisent. Viandes et fruits sont hors de portée. Il n'est pas rare non plus que les repas ne soient constitués que de légumineuses ou de manioc, quand le riz fait défaut. Une habitude alimentaire connue des plus défavorisés depuis de nombreuses années, mais dont un nombre croissant de « nouvelles » familles font aujourd'hui l'expérience.
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