La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa:C'est provisoire !

21 Octobre 2009


Kinshasa — Le prix du litre d'essence à l'Ouest de la RDC est fixé à 895 Francs congolais, tandis que le gazole revient à 890 FC.

A l'Est, le litre revient respectivement à 1.120 FC et 1.110 FC. C'est ce qui ressort du communiqué fait par le Ministère de l'Economie nationale et Commerce, le lundi dernier. Déjà, la panique a gagné beaucoup d'esprits dans l'opinion tant, l'on ne sait pas trop ce qui va advenir. Alors, faut-il conclure que le problème est résolu ? Pas du tout. Quoique le prix ait été fixé d'un commun accord entre le Gouvernement et les exportateurs des carburants, ce modus vivendi n'arrange pas les derniers. Ils auraient voulu que le prix du litre soit fixé à 980 FC. En réalité, la petite crise qui vient de passer, présage une évitable grogne à venir. Ce n'est qu'une partie remise.

Dans des milieux les plus indiscrets, il se murmure des choses telles que les exportateurs pourront monter au créneau d'un moment à l'autre. Pourquoi donc n'avoir pas jugulé la crise par une solution durable ? Aussi longtemps que le prix fixé ne tiendrait pas compte de la fluctuation du Franc congolais et des charges liées à l'approvisionnement, a-t-on appris, la menace de rupture des stocks sera là. En outre, les impôts et taxes alourdissent la charge à tel point que certains envisagent de jeter l'éponge. Les importateurs des produits pétroliers ne digèrent pas le fait qu'ils doivent, pour acheter chèrement les dollars, suppléer de l'argent.

Cependant, la fluctuation du prix du baril sur le plan international est minimisable par rapport à celle de la monnaie locale. Journellement, la dépréciation du Franc congolais creuse un écart difficilement rattrapable sans faire la perte, si on veut s'approvisionner en devise. La dernière hausse des prix, ne vise pas l'anticipation d'une éventuelle dépréciation, le taux réel n'étant pas connu. S'il était permis aux stations services de revoir les prix chaque semaine, pour se rattraper, quelle situation instable se créerait sur le marché ? Car, personne ne sait jusqu'à quel chiffre le franc congolais va arrêter sa course vers la dépréciation.

Voilà pourquoi les importateurs jugent insuffisant et provisoire le dernier réajustement des prix à la pompe. C'est vrai que les stations services ont repris la vente, mais à quand le prochain débrayage des tenants des stations services ? Par ailleurs, plutôt que de négliger les conséquences que peuvent engendrer la rupture des stocks, pourquoi le Gouvernement ne peut-il pas directement opter pour la vérité des prix ? Cette situation, loin de contenter tout le monde, a permis aux vendeurs informels appelés communément « Kadhafi » de se rappeler la deuxième République. Que ce qui s'est passé le lundi dernier serve d'avertissement.

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