United Nations (New York)
21 Octobre 2009
Quinze ans après l'adoption du programme d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD+15) tenue en 1994 au Caire, les ministres et experts africains chargés de la population et du développement social sont réunis cette semaine à Addis Abéba, Ethiopie, en vue d'évaluer les progrès réalisés pour la mise en oeuvre de ce programme d'action.
Organisée conjointement par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, (CEA) la Commission de l'Union africaine et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), cette conférence régionale réunit plus de 200 participants qui à l'issue de quatre jours de discussions devront produire une Déclaration d'engagement sur la mise en oeuvre du programme d'action de la CIPD pour les cinq années à venir.
Dans son allocution d'ouverture, la Secrétaire exécutive adjointe de la CEA, Lalla Ben Barka, a souligné qu'en dépit des efforts et des progrès louables réalisés jusqu'ici, beaucoup restait à faire en vue de réaliser le Programme d'action de la CIPD. « Peu de progrès ont été réalisés dans des domaines tels que la réduction de la pauvreté, la mortalité maternelle, et l'exclusion sociale. A travers le continent, les situations de crise résultant des conflits armés continuent de défier un grand nombre de pays africains et d'éroder le peu de progrès réalisé », a-t-elle dit.
De son côté, la Commissaire de l'Union africaine chargée des affaires sociales, Bience Gawanas, a souligné que la CIPD, une initiative qui s'étend sur vingt ans, a le potentiel d'instruire la pensée globale sur la relation qu'il y a entre les questions de population et le développement. « Ceci, a-t-elle dit, ne peut être fait qu'en adoptant une approche globale aux réalités actuelles, tout en réfléchissant sur les expériences du passé. Aujourd'hui, c'est le moment propice pour marquer une pause et faire le bilan des progrès réalisés dans le cadre de la CIPD, tout en accélérant la mise en oeuvre des programmes de développement social et de promotion de la santé à travers le continent africain ».
Mme Gawanas a exhorté les gouvernements africains à assurer à tous les Africains l'accès aux soins de santé de base surtout pour les plus pauvres et les plus démunis. « On devrait tous plaider pour faciliter l'accès à des soins de qualité et trouver les réponses adéquates à cette question à tous les niveaux, global, continental, régional et national », a-t-elle insisté.
Parlant au nom de la Banque africaine de développement, Peter Mwanakatwe, a parlé des efforts déployés par son organisation en vue d'aider les Etats membres à réaliser les objectifs de la CIPD. Dans le domaine de la santé par exemple, la Banque africaine a ciblé des projets aidant à réduire la maternité maternelle, augmenter la prévention du VIH/sida, et renforcer l'éducation des femmes dans les niveaux secondaire et tertiaire, ainsi que dans les branches scientifiques et technologiques. La Banque africaine a aussi appuyé un certain nombre de projets pour la promotion de la petite et moyenne entreprise féminine, ainsi que des projets visant à réduire la violence contre les femmes dans la région des Grands lacs, et ce dans le cadre du processus de démobilisation et de réintégration.
Pour sa part, la directrice adjointe du bureau régional Afrique de l'UNFPA, Lina Mousa, a souligné les efforts faits par les pays africains pour réaliser la revue de la mise en oeuvre du Programme d'Action de la Conférence du Caire. Elle a invité les participants à dégager les priorités stratégiques dictées par la situation sur le terrain qui sont d'ordre systémique et auront donc un effet multiplicateur en raison du large éventail de questions que couvre le Programme d'action.
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