Martin Enyimo
22 Octobre 2009
Kinshasa — A la tête d'une délégation congolaise, le ministre de la Culture et des Arts Esdras Kambale a assisté à Kasese en Ouganda à la 43ème anniversaire de l'intronisation du roi des Bakonzo.
Le ministre de la Culture et des Arts, Esdras Kambale, a conduit une forte délégation composée des sénateurs, députés et autres personnalités de la province du Nord-Kivu, à Kasese en Ouganda, afin d'assister, le 19 octobre dernier, à la cérémonie marquant le 43ème anniversaire de l'intronisation de sa Majesté le Roi Charles Wesley Mumbere Irema Ngoma du Royaume de Rwenzururu.
Ce dernier est le roi des Bakonzo, une tribu de l'Ouest de l'Ouganda ayant les mêmes origines et la même langue que les Banande des territoires de Beni et de Lubero dans l'Est de la République démocratique du Congo. Ces moments de solennité ont été présidés par le président de l'Ouganda, Yoweri Kaguta Museveni.
Sa présence dénotait de la très haute portée politique, diplomatique, culturel et surtout sécuritaire de la cérémonie. Et c'est par rapport au crucial aspect sécuritaire que l'ambassadeur de la République démocratique du Congo à Kampala, Jean-Charles Okoto, a tenu à la présence d'une délégation congolaise à cette commémoration, lui qui compte faire de la sécurité son cheval de bataille.
«Que la manifestation de ce jour du 19 octobre 2009 soit un symbole de paix, d'unité, de reconciliation et de collaboration entre les peuples. Qu'elle contribue au respect de nos identités culturelles et de nos valeurs traditionnelles africaines ». C'est la quintessence du message du président Joseph Kabila que s'est empressé de livrer le ministre de la Culture Esdras Kambale Bahekwa au roi des Bakonzo, tout en le félicitant pour ce 43ème anniversaire de son intronisation.
Au cours de la cérémonie, le chef de l'Etat ougandais a publiquement annoncé la reconnaissance du Royaume de Rwenzururu et de son roi par le gouvernement ougandais. Yoweri Museveni a par ailleurs assuré que le royaume bénéficiera désormais des mêmes avantages et subsides que d'autres, conformément à la Constitution de la République ougandaise. Il a fini son allocution en remerciant le président Joseph Kabila de la République démocratique du Congo de l'avoir honoré en envoyant une forte délégation constituée des membres de l'Assemblée et du Sénat congolais, du cabinet présidentiel, du gouvernement, de l'assemblée provinciale du Nord-Kivu et d'autres cadres politiques et forces vives des territoires de Beni et Lubero.
Accueillant favorablement la reconnaissance de son royaume par le gouvernement ougandais, le roi Charles Wesley Mumbere Irema Ngoma a noté que cela mettait fin à une époque de l'histoire récente de l'Ougandais. Et il s'est engagé à oeuvrer résolument pour le rétablissement de la sécurité dans l'Ouest de l'Ouganda et bien au-delà. Car la paix est le gage d'un développement harmonieux. Lors de l'audience spéciale accordée à la délégation congolaise, le souverain du royaume de Rwenzururu a réitéré sa détermination à mettre tout en oeuvre pour la paix et le développement de part et d'autre de la frontière congolo-ougandaise.
L'on rappelle que durant plus de 40 ans, les gouvernements successifs ougandais n'avaient jamais reconnu ce royaume au même titre que d'autres monarchies de l'Ouganda tel que celui du Buganda. Cela a été à l'origine des luttes armées contre le pouvoir de Kampala ; les Bakonzo se sont organisés en mouvements de résistance, comme le National army for the liberation of Uganda (Nalu) avec des extensions en RDC, notamment à Beni dans le Nord-Kivu et à Irumu dans la Province Orientale. Cette page de l'histoire de l'Ouganda est maintenant tournée, dixit le roi Charles Wesley Mumbere Irema Ngoma.
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