Le Potentiel (Kinshasa)

Afrique: Allier la volonté politique aux ambitions

22 Octobre 2009


Kinshasa — Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'Union africaine se réunissent, ce jeudi et demain vendredi à Kampala, capitale de l'Ouganda, pour un sommet spécial sur les réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées internes en Afrique. La session du Conseil exécutif s'étant tenue lundi 19 et mardi 20 octobre 2009.

Sous le thème « L'UA relève le défi du déplacement forcé en Afrique », ils se retrouvent à la suite d'une décision qu'ils avaient adoptée en juillet 2006 à Banjul (Gambie) pour « analyser les causes et trouver des solutions pour juguler le phénomène de millions de réfugiés et de plus de 17 millions de personnes déplacées internes en Afrique ».

« Ce sommet vise à trouver des solutions durables aux causes profondes et aux défis que pose l'existence de 17 millions de réfugiés et déplacés en Afrique », a déclaré le ministre ougandais pour les Réfugiés, Tarsis Kabwegyere, à l'ouverture lundi de la réunion ministérielle préparatoire au sommet.

Sur cette question, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dit s'occuper de «10,4 millions de personnes dont 2,6 millions de réfugiés, 295.000 réfugiés de retour chez eux, 6,3 millions de déplacés internes, 1,03 million de déplacés réinstallés et 100.000 apatrides ».

Si les causes des déplacements massifs des populations sont connues (conflits armés, guerres civiles, crises politiques, sécheresse et inondations), le noeud du problème réside plus dans l'absence de volonté politique que dans les solutions envisagées.

En effet, l'adoption et la ratification de la « Convention pour la protection et l'assistance aux personnes déplacées en Afrique » imposent aux dirigeants africains l'engagement de « ne plus pratiquer de déplacements forcés de population à grande échelle (situations de conflit, notamment) et d'assurer l'amélioration des conditions des personnes déplacées ».

Mais, à l'analyse d'autres résolutions « courageuses » prises antérieurement, la seule ambition peut-elle arrêter le cycle infernal des conflits armés et des guerres civiles en Afrique sans une réelle volonté politique ? Il serait hasardeux d'être optimiste, quand on connaît le comportement des dirigeants africains.

Et qu'on apprend que les chefs d'Etat et de gouvernement vont « sensibiliser la communauté internationale pour une plus grande implication, à travers le HCR notamment, dans l'assistance à cette catégorie parmi la population africaine », on se rend à l'évidence qu'ils pointent l'indexe du mauvais côté.

Qui ne sait pas que les guerres civiles et les conflits armés sont généralement la conséquence de la boulimie du pouvoir des acteurs politiques africains, dont certains usent et abusent de la révision de la Constitution pour demeurer en poste ?

« De nombreux pays africains ont vécu et vivent encore l'expérience relative au déplacement forcé des populations », rappelle l'UA. Mais la panacée réside en l'instauration des Etats démocratiques en Afrique. Les pays qui comptent plus de réfugiés sont ceux qui tournent le dos à la démocratie.

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