Il a été procédé mardi dernier au Palais Royal de Gbècon à Porto-Novo au lancement des travaux de la construction du musée du souvenir. L'entreprise s'inscrit dans le cadre des préparatifs de la commémoration du centenaire de la mort du roi Toffa. Cette cérémonie a mis fin au séminaire sur la vie, le règne et l'oeuvre de ce souverain. Les travaux du séminaire ont commencé le 19 octobre dernier.
La France reste reconnaissante à l'amitié et à la grandeur d'esprit du Roi Toffa. Pour le signifier, les autorités françaises en collaboration avec l'ONG AREPA vont financer la réhabilitation du premier tribunal moderne du palais "d'été" du Roi Toffa. Ce lieu actuellement dans un état d'abandon et de délabrement va connaître une touche de modernité. Il coûtera 47 millions de FCfa dont 30 millions financés sur le fond social de développement par la France. 15 millions proviendront de l'ONG AREPA et 4% soit environ 2 millions des princes du palais royal.
Il sera transformé en musée du Souvenir qui restituera les grands traits de la coopération du royaume de Porto-Novo avec la France. L'original du traité de protectorat signé entre le Roi Toffa 1er et la France y sera exposé de même que certains documents historiques. Pour le Roi Toffa IX c'est un événement important pour Porto- Novo et le Bénin tout entier. Le musée illustrera, selon le président de l'ONG AREPA , Barnabé Adigo, la mise en oeuvre de la culture au service du développement. Pour Alain Richard, représentant de l'ambassadeur de la France près le Bénin, le bâtiment qui sera réfectionné est un monument phare pour Porto- Novo. Enfin le président du comité ad'hoc de la commémoration du Centenaire de la mort de Toffa 1er, Me Yves Edgard Monnou, ce lancement est chargé d'un double symbole. Car il est important, a-t-il déclaré, de restituer à Porto-Novo sa place. Le musée sera inauguré en 2010 dans le cadre de la célébration des 50 ans de l'indépendance du Bénin.
Les grandes idées soulevées lors du séminaire
Les travaux du séminaire sur la vie, le règne et l'ouvre du Roi Toffa ont pris fin à Hounmè sur une note de satisfaction de tous les participants, surtout en ce qui concerne la qualité et la profondeur des discussions animées par les professeurs du département d'histoire et d'archéologie de l'université d'Abomey Calavi et par des traditionnalistes. Loin de se contredire, le point de vue des uns est venu éclairer la connaissance des autres. La réalité des livres a été confrontée au vécu quotidien incarné par les Houédouto des 8 dynasties du Royaume de Porto- Novo.
Les travaux de thèse du professeur Michel Vidégla a servi de boussole au séminaire atelier, qui aura permis de rendre public des débats souvent soulevés mais jamais tranchés. Bien que les échanges aient été fructueux au dire des participants, certaines interrogations sont restées cependant sans réponses définitives. C'est le cas de l'accusation de «traite» qu'on colle souvent au Roi Toffa 1er qui aura tout donné pour Porto- Novo et pour le Bénin. Il a été établi, de façon évidente, que c'est grâce à ce Roi que la ville, capitale politique du Bénin, l'est devenue à cause de ce pan de notre histoire. C'est aussi grâce à elle que la langue française est devenue la langue officielle du pays. Ce souverain a signé en 1883 un traité de protectorat avec les Français pour se protéger de la visée expansionniste et l'hégémonie du royaume d'Abomey sur Porto-Novo.
La prise du pouvoir par le prince Dassi
Les débats ont aussi mis en évidence le séjour et l'initiation du prince Dassi devenu Toffa à la cour royale d'Abomey avec le prince Ahanhanzo. Ainsi, les discussions ont-elles révélé que le Roi Toffa a accédé au trône dans des circonstances jugées troubles en 1874, et ceci avec l'aide du Roi Glèlè. Il aurait été intronisé à Singbodji à Abomey, par Dada Glèlè, pour régner sur Porto-Novo alors que son tour n'était pas encore venu. Il a été accompagné par 200 soldats aboméens à Porto-novo. Le prince Dassi avait alors chassé du trône le Roi Sognigbé et est devenu le 19ème roi du royaume de Porto-Novo. Mais très tôt, il se détourna de l'hégémonie d'Abomey en se tournant vers les Français avec qui il a signé un accord de protection contre la furie du Roi d'Abomey. Il a noué avec les Français d'excellentes relations. Le roi Toffa a même envoyé l'un de ses fils, le prince Dossou en France. Il a réussi à faire de Porto-Novo un royaume prospère et puissant qui est devenu un objet de convoitise chez les Français.
C'est alors que les inimitiés sont nées entre le Roi Toffa et ses anciens protecteurs. Le royaume a connu son déclin avec la mort du souverain en 1908. Mais avant sa mort il aurait laissé un procès verbal dans lequel il a exprimé son désir de voir l'un de ses fils lui succéder contrairement à la pratique qui avait cours dans le royaume à savoir que la succession se faisait de frère en frère. C'est à partir de cette époque que le trône de Porto-Novo est rentré dans une ère de division. Le séminaire a permis aussi de renseigner qu'avant l'arrivée du Roi Tê-Agbanlin vivaient à Porto- Novo, les Yoruba venus d'Oyo, les Adja et les Haoussa. Mais ces communautés n'étaient pas assez organisées.
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