Wal Fadjri (Dakar)

Afrique: Changements Climatiques - Copenhague, le rendez-vous de tous les espoirs

Seyni Diop

22 Octobre 2009


En la route vers le sommet de Copenhague sur les changements climatiques, le système des Nations Unies au Sénégal a rencontré, hier, les médias pour échanger sur les enjeux de cette rencontre mondiale qui doit mettre le tampon sur tout le processus. Car, de l'avis coordonnateur résident du système des Nations-Unies au Sénégal, Bouri Shanhouidi, de Copenhague dépendra le futur de notre planète.

A quelque quarante jours du sommet sur les changements climatiques qui doit se tenir à Copenhague, le système des Nations-Unies au Sénégal a rencontré hier la presse pour échanger sur les 'enjeux de la conférence de Copenhague sur les changements climatiques et leurs impacts sur l'Afrique de l'ouest'.

Au cours de cette rencontre qui a regroupé la quasi-totalité des organisations du système des Nations-Unies au Sénégal, le coordonnateur résident du Système des Nations-Unies, Bouri Shanhouidi, a soutenu que notre planète est en danger et que les dirigeants du monde, qui se réunissent à Copenhague, doivent tout faire pour y sceller des accords qui permettront de diminuer de manière drastique les émissions de gaz à effet de serre entre 25 à 40 % à l'horizon 2020 et de 50 % à l'horizon 2050.

'Copenhague, où, en décembre 2009, plus de 192 représentants de pays se retrouveront, est une opportunité pour la communauté internationale de s'engager à prendre des décisions de réduction de leurs émissions, dont seul le Danemark s'est officiellement engagé à les réduire de 40 % à l'horizon 2020. Donc, de Copenhague dépendra l'avenir de la planète. Et si jamais, Copenhague n'arrive pas à sceller ce pacte mondial, c'est la sécurité mondiale qui sera menacée', a prévenu le coordonnateur résident du Système des Nations-Unies au Sénégal.

Cependant, même si de grandes décisions sont attendues des pays industrialisés qui sont les plus grands pollueurs, le continent africain également devra faire entendre sa voix au cours de cette grande rencontre. En effet, malgré son énorme retard sur le plan industriel, l'Afrique souffre beaucoup du phénomène des changements climatiques qui se manifeste sur le continent par des intempéries, des inondations, la famine, la sécheresse, des pandémies telles que le paludisme ou le choléra et les déplacements de personnes.

'L'Afrique est la région qui émet le moins de gaz à effet de serre, mais elle aussi est la première victime des changements climatiques', souligne Bouri Shanhouidi. Il estime que si le continent, qui a besoin de se développer et aura donc besoin d'industries fortes pour y arriver, doit également réduire ses émissions, il va falloir que les dirigeants du monde pensent à lui octroyer des compensations financières que certains experts chiffrent d'ores et déjà entre 80 et 200 milliards de dollars par an. Raison pour laquelle, il soutient que 'demander aujourd'hui pour certains pays d'adopter des mesures contraignantes pour leur développement nécessite en contrepartie un soutien conséquent des pays développés pour aider ceux du Sud à s'adapter et à prendre des dispositions et des mesures pour prévenir certaines catastrophes. C'est pourquoi, les pays africains vont à Copenhague avec leurs propositions concrètes et vont parler cette fois-ci d'une seule et même voix', renseigne Bouri Shanhouidi.

Ce qui n'empêchera pas le directeur d'Onu-Habitat, Mansour Tall, de lancer un vibrant appel aux chefs d'Etat africains pour qu'au moment d'aller à ce sommet, qu'ils ne laissent pas en rade les gouvernants locaux qui sont au coeur de ces problèmes. De son côté, le chef du bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires, Hervé Ludovic De Lys, a souligné que si rien n'est fait pour inverser la tendance, '228 millions de personnes de plus risquent d'attraper le paludisme d'ici 2050, 12 millions de personnes de plus la famine alors que les rendements des cultures chutent, 224 millions de personnes de plus les pénuries d'eau, en particulier dans les zones sub tropicales et 20 millions de personnes de plus les inondations côtières', signale-t-il. Avant d'indiquer que 'l'Afrique de l'Ouest est confrontée à une vulnérabilité systémique à cause de la sécheresse qui y sévit depuis plus de 30 ans'.

Cette rencontre de Copenhague fait suite à celle de Bali où, en 2007, les pays réunis avaient convenu de lancer des négociations sur un accord mondial pour lutter contre le changement climatique. Et ils s'étaient fixé comme date limite pour la conclusion d'un accord la Conférence sur le changement climatique de Copenhague en 2009. Et pour atteindre ces objectifs, ils avaient établi un calendrier de négociations accélérées.

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