Fraternité (Cotonou)

Bénin: Revue à mi-parcours du 10ème FED - Les organisations de la société civile très remontées contre le gouvernement et l'Ue

Moussa El-Hadji Mama

22 Octobre 2009


Coupes sombres, détournement de projets sur fonds de corruption.... Tel est le triste et amer constat que les acteurs de la société civile béninoise ont fait sur la revue à mi-parcours du 10ème Fonds européen de développement (FED). C'est à la faveur de la célébration de la 4ème édition des Journées des organisations de la société civile (Josc 2009) qui ont lieu les 19, 20 et 21 octobre 2009.

Martin Assogba, Pdt/Ong Alcreer très remonté contre la mauvaise gouvernance

« Tous les acteurs de la société civile ne sont pas associés à la revue à mi-parcours du 10ème Fed », constate Aurelien, Expert et communicateur principal de l'atelier d'échange et de dialogue multi-acteurs sur la programmation du 10ème Fed en Afrique de l'Ouest. « La revue à mi-parcours du 10ème Fed est faite sans les organisations de la société civile. Il y a eu détournements de projets et par conséquent de la corruption » se désole la présidente du Rifonga, Mme Léontine avant de lancer : « Nous membres de la société civile, nous devons réagir ».

Mais en attendant les réactions, un autre constat s'invite dans le débat. « La corruption s'est beaucoup plus installée aujourd'hui au Bénin qu'avant » avance Martin Assogba, Président de l'Ong Alcrer. « Nous n'avons été nullement associés puisque le secteur agricole est le parent pauvre au niveau du Fed » s'offusque tout court le représentant de la Fupro-Bénin, la structure faîtière des organisations paysannes au Bénin. Et au président du Collectif des Fédérations et Réseaux d'Ong (Cfrong), Toussaint Honvou, de conclure : « Nous avons des problèmes de dialogue avec les acteurs publics qu'est l'Etat ».

La liste des réactions n'est pas exhaustive... des plus acerbes aux plus tempérées des acteurs de la société civile qui ont découvert avec impuissance le déclassement du bitumage de la route Akassoto-Bohicon au profit de l'axe Parakou-Bérouboy. Un détournement que les organisations de la société civile qualifient de corruption et de haute trahison à tout le peuple béninois. Puisque, selon les Accords de Cotonou dont le bras armé est le Fonds "Fed" pour le financement des politiques de développement, la participation de la société civile constitue l'un des fondements des relations Ue-Acp.

Et le Fed, principal instrument d'aide de l'Ue envers les pays Acp dont le Bénin géré, par la Commission européenne, devrait donc être programmée et mise en oeuvre de façon à respecter ce principe. Mais il en est pour rien puisque selon le rapport de Repaoc-Coordination Sud, les principes fondamentaux de l'Accord de Cotonou restent peu concrétisés sur le terrain. De plus, les modalités de programmation du Fed ne permettent pas d'améliorer l'appropriation démocratique des stratégies de lutte contre la pauvreté de même qu'elles ne contribuent que très faiblement à la participation citoyenne dans la définition, la mise en oeuvre et l'évaluation des politiques publiques de développement et des stratégies de coopération de la commission.

Une situation que les acteurs non étatiques ont dénoncée avec véhémence en attendant de monter au créneau pour tenir informer l'opinion nationale et internationale. Puisque, étant écartées de toutes les étapes de discussion, les organisations de la société civile et même le parlement ont fréquemment perçu le processus de programmation du Fed comme non seulement un moyen d'imposer les priorités économiques des Européens mais aussi des promesses électorales des chefs d'Etat au détriment des réels besoins des populations les plus pauvres. Pire, l'opacité s'accroît avec l'échelon des programmations du Fed et les consultations de la société civile sont de plus en plus peu satisfaisantes.

Et pourtant, elles constituent une caractéristique essentielle de l'exercice d'après les orientations officielles en matière de programmation données par la commission. Lorsque les consultations sont organisées, leurs modalités se révèlent souvent peu adaptées et les organisations de la société civile sont régulièrement cantonnées à un rôle d'observateur de la vision des autorités publiques ou des bailleurs de fonds plutôt que d'être partie prenante à l'élaboration de cette vision.

Une tendance que les Osc entendent inverser en trouvant leur place au coeur des discussions. « Il va falloir aller vers la transparence et la société civile et le secteur privé doivent continuer la veille pour que le 11ème Fed soit mieux élaboré que le 10ème » annonce Latif Issifou, Représentant de la Chambre du commerce et d'industrie du Bénin. Une veille qui découle de ce que, selon le Président de Cfrong, Toussaint Hounvou, beaucoup de masse d'argent sont octroyées mais la pauvreté se creuse davantage au Bénin et partout en Afrique. C'est donc une menace que le gouvernement doit prendre au sérieux pour ne plus tomber dans les même travers. Le plus tôt serait le mieux...

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Fraternité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Bénin

Rubriques