Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
22 Octobre 2009
Dakar — La double crise financière et économique mondiale appelle à un retour à l'économie réelle, notamment aux investissements agricoles en Afrique, a indiqué jeudi Oumar Tembely, représentant résident de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) à Dakar.
"Il faut revenir à l'économique réelle", a déclaré M. Tembely qui introduisait le thème : "La crise financière : risques ou opportunités pour nos Etats", lors d'une conférence publique organisée dans le cadre du 3-ème Salon de la finance et de l'investissement de Dakar.
Le banquier ouest-africain a tourné en dérision le tourment des spéculateurs en bourse, avant de les inviter à tourner le dos aux placements "sur-papier". Il a exhorté les investisseurs à placer leur argent dans des secteurs sûrs et rentables comme l'agriculture en Afrique.
Il a souligné l'intérêt d'un tel investissement en raison du double rendement, en termes de production agricole stratégique et de valeur de refuge en ces temps de tourmente de la finance mondiale. "Les sols africains sont bons et le potentiel agricole est là", a-t-il relevé.
Le délégué de la BOAD, une banque régionale de développement, a toutefois donné des gages sur la fiabilité du système financier sous-régionale. Il a également noté un bon niveau de rendement des placements financiers dans l'Union monétaire ouest-africaine.
"Il y a des choses qu'on ne peut pas faire en Afrique, du moins dans notre zone", a-t-il dit, évoquant la prouesse de Bernard Madoff. Ce financier américain est accusé d'une arnaque de 50 milliards de dollars, au détriment de beaucoup de fonds de pension, surtout des retraités.
Parlant de la crise financière internationale qui s'est muée en crise économique, Oumar Tembely, a assuré que "l'UEMOA en est relativement épargnée". "Mais, a-t-il nuancé, elle se retrouve dans la tourmente". "Nous n'avons pas de lien direct avec là d'où est partie la crise".
"La crise si elle a une leçon à nous laisser, c'est qu'à partir de ce moment, le destin du monde ne doit plus être caporalisé par une minorité, fût-elle par le savoir ou par l'avoir", plaide le représentant résident de la banque de développement de l'Union économique et monétaire ouest-africaine.
Cependant, M. Tembely a rappelé "l'urgente nécessité" de mener à terme les réformes internes, pour l'assainissement des finances publiques et l'amélioration de l'environnement des affaires, sans oublier "une intégration régionale poussée" et "une croissance accélérée".
"Si l'économie mondiale devait reprendre en 2010, les pays africains qui s'en sortiraient sont ceux qui mettent en Å"uvre les réformes", a-t-il prévenu, en prônant comme d'autres financiers également l'investissement agricole pour vaincre la crise financière et économique.
"Il y a une prise de conscience que le monde est solidaire et que l'on ne s'en sort pas seul. C'est là un monde qui change de Calcutta à New York", a estimé l'expert-comptable sénégalais Abdou Aziz Dièye, qui discutait également des risques et opportunités de la crise.
"Il faut revisiter les politiques et tenir compte de l'éthique mondiale et des besoins de l'homme", a-t-il indiqué. "Qu'on devienne physiocrates !", a-t-il lâché, invoquant cette doctrine qui faisait de l'agriculture la principale source richesse et prônait la liberté du commerce et de l'entreprise.
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