Moctar Dieng
23 Octobre 2009
La participation active des Personnes vivant avec le Vih dans la réponse nationale contre le sida reste un impératif pour doper davantage la riposte au Sénégal. Malheureusement, cette implication des PV/VIH dans ladite croisade accuse encore un retard largement préjudiciable. D'où l'appel lancé par l'Agence pour la promotion des activités de population (Apaps), en direction des décideurs nationaux et partenaires au développement, pour une meilleure mise à contribution de cette couche vulnérable dans la lutte contre le Sida.
Quoiqu'elle ait atteint des résultats non négligeables qui permettent de maintenir le taux d'infection à hauteur de 0,4% de la population générale, la croisade contre le Vih/Sida au Sénégal, continue encore de souffrir d'un certain nombre de gaps, dont en premier la faible participation des PV/VIH dans la lutte contre le fléau. Pour l'Agence pour la promotion des activités de population (Apaps) ainsi, cette couche très vulnérable que constituent les PV/VIH est, jusqu'à présent, très faiblement mise à contribution dans notre stratégie nationale de riposte contre le sida.
Une situation qui s'explique, selon l'association, par la persistance de la stigmatisation à l'endroit des personnes vivant avec le Vih, ce qui s'avère une véritable entrave à leur épanouissement. Pour autant, l'Apaps qui comptabilise une expérience dynamique dans le soutien aux associations de PV/VIH vient de lancer un appel solennel en direction des décideurs et partenaires au développement pour qu'une attention plus soutenue soit accordée à la participation des PV/VIH dans la réponse au sida.
L'Apaps, en partenariat avec le Rars (Réseau africain de recherche sur le sida) et l'Association Bok Jef, s'est engagé pour rappel, depuis bientôt 02 années, dans une stratégie dynamique d'implication des PV/VIH dans la riposte nationale contre le sida. Et cela, par l'entremise d'un projet dénommé Paplus, un mécanisme dont l'objectif stratégique est d'aider les PV/VIH à se regrouper en associations bien structurées et performantes, aptes à leur permettre de faire attendre leur voix en vue de mieux défendre leurs droits et de s'impliquer plus efficacement dans la riposte contre le sida.
Ce projet intitulé « Vers une participation accrue des Personnes vivant avec le Vih à la lutte contre le Sida au Sénégal » s'inscrit en vérité dans le cadre du Programme d'appui à la mise en oeuvre du Programme national de bonne gouvernance (PAPNGG), financé par l'Union européenne. Il a consisté à aider au développement organisationnel des associations et à renforcer les capacités de leurs membres afin qu'ils puissent se prendre en charge eux-mêmes pour se maintenir en bonne santé et mieux faire face à la stigmatisation.
Au total, 09 associations (Thiès, Diourbel et Kolda) ont été bénéficiaires du projet, en termes de renforcement des capacités dans les domaines du développement organisationnel ou autre gestion financière. Au total, leurs capacités institutionnelles ont été renforcées par l'acquisition de siège social et leur dotation en équipements de bureau et en équipements informatiques. Enfin, pendant 15 mois, chaque association a bénéficié d'une subvention de 1 000 000 à 1 500 000 F Cfa par trimestre. C'est ainsi qu'au cours du projet, un montant total de 42 208 233 F Cfa a été versé à ces associations pour leur permettre de mener leurs activités d'accompagnement et de soutien ( groupes de parole, repas communautaires...)
Les résultats de ces diverses actions de soutien aux PV/VIH se sont révélés féconds. De 2007 à 2009, le nombre de membres de ces associations est passé ainsi de moins de cent à presque six cents (580). Mieux, ces structures disposent maintenant de sièges et de secrétariats fonctionnels, leurs instances de décision se réunissent régulièrement alors que les membres bien informés des activités de leurs associations, y participent activement. Les rapports d'activités et les rapports financiers sont de même régulièrement présentés tous les trimestres. En outre, ces associations interviennent à présent davantage dans la prise en charge psychosociale et médicale de leurs membres. Enfin, la plupart de ces associations font maintenant des efforts méritoires pour respecter les procédures et les principes de gestion administrative et financière et pour assurer la pérennisation de leurs acquis.
Pour l'Apaps, ces divers résultats ne doivent toutefois pas occulter le fait qu'ils sont très fragiles et qu'ils devraient être renforcés davantage pour garantir leur durabilité. C'est pourquoi l'Apaps a tenu à lancer un appel vibrant aux autorités locales, aux responsables des programmes de lutte contre le sida et aux partenaires au développement afin qu'une attention plus grande soit accordée à la participation des PV/VIH dans la riposte contre le Sida. Ce qui devrait passer par un soutien dynamique et multiforme aux associations des personnes vivant avec le sida.
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