Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Les sénègalais parlent du changement climatique - Entre manque d'information et vague connaissance

Ibrahima Diallo

23 Octobre 2009


Le British Council et le World service trust (Wst) de la Bbc ont présenté hier jeudi 22 octobre à Dakar un rapport sur le projet "Afrika talks climate" ("l'Afrique parle du climat") sur les opinions des Sénégalais quant aux changements climatiques. Cette étude révèle que non seulement les populations ont une idée vague de ce phénomène, mais aussi et surtout que les médias ne sont pas bien informés.

La plus part des Sénégalais ont une idée très vague du changement climatique considéré comme un "sujet réservé aux experts". Très peu savent que les causes ne sont pas uniquement locales. C'est entre autres le résultat d'un étude sur le projet "Afrika talks climate" ("l'Afrique parle du climat") sur les opinions des Sénégalais quant aux changements climatiques. Ce rapport a été présenté hier jeudi 22 octobre par le British Council et le World service trust (Wst) de la Bbc.

Cette première étude panafricaine prenant en considération les positions des africains sur l'environnement et le changement climatique repose sur la conviction que les populations, les principales concernées directement par le phénomène doivent en être informées afin de mieux comprendre les enjeux de la situation et s'adapter. Elle a concerné plus de 1000 citoyens africains et plus de 200 religieux, leaders d'opinion, politiques, entrepreneurs, etc.

Au Sénégal où trois zones, à savoir Dakar et Rufisque, Mbacké et Darou Mousty et Ziguinchor et Tendouck, ont été choisies pour mener l'enquête, il ressort que les médias ne sont bien informés sur le phénomène du changemenent climatique. Ce qui fait que les journalistes qui ont problème d'information n'y accordent pas tellement d'importance note Abou Ly, le directeur de l'Ipam. D'où la "nécessité de simplifier les choses et de communiquer plus" recommande-t-il.

Or, suivant les éléments essentiels de ce projet de recherche, "la sensibilisation au changement et le réchauffement climatique est faible au sein de la population sénégalaise. De nombreuses personnes expliquent les changements météorologiques en faisant référence à leurs connaissances existantes des trous de la couche d'ozone ou de l'appauvrissement de l'ozone". Pour ce qui est de l'impact, "la majorité des habitants est consciente de la transformation de l'environnement naturel et de l'appauvrissement des sources de nourriture et d'eau qui s'est produite au cours de leurs vies". Ces phénomènes sont attribués à l'action de l'homme.

En ce qui concerne les leaders d'opinion opérant en dehors du gouvernement et des Ong, la majeur partie estime que le changement climatique est "un sujet réservé aux experts sur lequel leurs connaissances sont minimes". Toutefois, "ils conviennent tous qu'il existe un besoin d'améliorer la mise à disposition des informations et des communications sur le changement climatique à tous les niveaux de la société sénégalaise".

Suffisant pour que Baba Maal, qui intervenait sur ce phénomène à travers une projection vidéo, invite le "gouvernement à prendre le temps d'informer les populations qu'il y un bouleversement qui touche leur vie".

Son Excellence Christopher Trott, l'Ambassadeur de Grande Bretagne au Sénégal a quant à lui invité les gouvernants à adopter une décision "claire" à Copenhague en décembre (du 7 au 18) prochain. "Le plus important qu'on attend de Copenhague c'est une décision claire, une mesure pour éviter des pénuries d'eau et de denrées alimentaires. Nous devrons trouver ensemble un plan d'action pour l'avenir pour combattre le changement climatique" indique-t-il. Et et de marteler que les africains qui sont les principales victimes alors qu'elle participe peu au changement climatique doivent présenter leurs visions.

Ndiawar Dieng conseiller technique du ministre de l'environnement abondant dans le même sens note que les efforts ne seront jamais suffisants. C'est pourquoi il faut encourager les gouvernements à aller vers des décisions à Copenhague.

D'ailleur, son Excellence Christopher Trott a remise une carte illustrant les conséquences planétaires du changement climatique au conseiller technique représentant le ministre de l'environnement. Cette carte mondiale des conséquences du changement climatique remis à tous les gouvernements, par l'intermédiaire des représentations diplomatiques britaniques est une manière d'alerter ces autorités sur la nécessité de parvenir à un accord sur le climat à Copenhague. Car si les gouvernants ne parviennent pas à maintenir les changements climatiques en deçà de 2°C les conséquences seront désastreuses pour l'activité humaine notamment l'accès à l'eau, le rendement agricole, les températures extrêmes, la sécheresse, les risques de feux de brousse et la montée du niveau de la mer, etc.

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