Les artistes Ousmane Diallo "Ouza", Didier Awadi et le parolier Birame Ndeck Ndiaye ont traité, samedi, de l'engagement des musiciens dans la société, s'accordant tous sur le fait que c'est une question de choix et de responsabilité.
"Tout le monde ne peut pas s'engager et on ne peut obliger quelqu'un à s'engager", a indiqué Birame Deck Ndiaye, modérateur du débat organisé par l'Association de la presse culturelle du Sénégal. Pour Ndiaye, "l'engagement ou le non engagement d'un artiste est lié à l'éducation mais aussi à la culture". "La plupart de nos artistes ne sont pas cultivés. Or il faut beaucoup lire et beaucoup se documenter pour envisager un engagement", a-t-il ajouté.
A la suite de Birame Deck Ndiaye, Didier Awadi a évoqué son enfance pour expliquer ses prises de positions, relevant qu'il tire son engagement de son enfance et de l'éducation qu'il a reçue des ses parents, tous deux instituteurs. Awadi se défend toutefois d'être le porte-parole d'une quelconque cause ou frange de la population. "Je souhaite juste dire avec sincérité ce que j'ai dans le cÅ"ur", a-t-il expliqué.
Citant le journaliste burkinabé Norbert Zongo, le rappeur a dit : "Le pire n'est pas la méchanceté des gens mauvais mais le silence des gens bien". "On ne peut pas être au courant et ne rien dire", a poursuivi Didier Awadi ajoutant : "Je comprends ceux qui ne s'engagent pas, parce que nous sommes confrontés parfois à nos réalités sociales".
Ousmane Diallo "Ouza", lui, avait auparavant qualifié son engagement personnel de "sociétal, c'est-à-dire tourné vers la prise en considération des souffrances de (son) peuple". "Je suis né, je vis et je mourrai engagé" a affirmé l'artiste qui se dit "profondément préoccupé par les maux de la nation". Il a ajouté, à titre d'exemple, qu'en dépit des subventions qu'il a reçues depuis 2000, il a voté pour la coalition Bennoo Siggil Senegaal "parce que le peuple le demandait".
Parmi les intervenants, l'écrivain Ely Charles Moreau a soutenu que "l'artiste n'est pas un fonctionnaire à qui on donnerait un cahier des charges et qui doit obtenir des résultats". Le rappeur Xuman a rappelé le contexte dans lequel est né le rap au Sénégal, faisant de cette musique urbaine un art d'engagement sur les questions sociales et politiques, contrairement au mballax..
"C'est le besoin de repères qui a fait naitre le rap", a dit Xuman qui s'est demandé si cet esprit contestataire est encore vivace. A cette question, Didier Awadi a répondu que les rappeurs contestent toujours. "Cependant, beaucoup ont baissé les bras, a constaté Awadi. Ce n'est pas facile de s'engager, même si je constate un réveil des rappeurs depuis 2007."
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