Eric Elouga
26 Octobre 2009
« Afrique, lève-toi », est le texte qui a sanctionné les travaux du deuxième synode des Evêques pour l'Afrique achevé hier.
L'agenda du deuxième synode des Evêques pour l'Afrique qui s'est achevé hier à Rome, a été particulièrement chargé durant les trois semaines qu'ont duré les travaux. 282 propositions ont été formulées par l'assemblée formée de plus de 250 membres - clercs et laïcs, avant une synthèse de 54 propositions, dont est tiré le texte « Afrique lève-toi ». Les grands axes de cette communication, délivrée à la presse vendredi dernier, étaient constitués du diagnostic de la situation générale du continent, ainsi que des prescriptions de l'Eglise catholique pour aider à y faire face.
C'est ainsi que le synode a d'abord constaté que l'Afrique « est riche en ressources humaines et naturelles », mais voit la majorité de sa population croupir « dans la pauvreté et la misère, les guerres et les conflits, les crises et le chaos ». Le synode a également déploré le fait que le continent présente souvent de bons visages, mais « les moyens médiatiques modernes tendent souvent à accentuer les mauvaises nouvelles », insistant sur les « déboires » africains plutôt que « les efforts positifs ».
Fort de cela, l'appel « Afrique lève-toi » exhorte ces forces dynamiques et positives, sorte de majorité silencieuse du continent, à se mobiliser pour « relever le défi de procurer à ses enfants un niveau et des conditions de vie convenables ». Une aspiration dans laquelle l'Eglise aura un rôle majeur à jouer, notamment à travers la promotion de la paix, la réconciliation et la justice, thème général choisi pour les travaux de ce deuxième synode. A ce sujet, l'assemblée des Evêques indique que « le vrai pardon promeut la justice de la conversion et de la réparation et conduit jusqu'à la racine du conflit, et qui transforme les victimes et les ennemis de jadis en amis, frères et soeurs ». Dans ce sens, un appel spécial a notamment été lancé vers des zones de grand conflit comme la Somalie, la région des Grands Lacs, le nord de l'Ouganda, le Darfour ou encore la Guinée Conakry.
L'assemblée a également eu a délibérer sur un ensemble de points plus spécifiques, concernant la place de l'Eglise dans les sphères sociales, culturelles, économiques, et même socio-politiques. Implication des jeunes et des femmes dans les communautés locales, pertes de valeurs familiales, Eglise et projets de développement, gouvernance et stabilité politique, pauvreté, autant de sujets spécifiques abordés, et qui ont souligné pour le synode, la nécessité de replacer l'Eglise au coeur des préoccupations fondamentales qui nécessitent une intense activité de fortification de la foi des peuples d'Afrique, car « Dieu seul rend possible ce genre de réconciliation », et il faut « réserver une place privilégiée à la prière et aux sacrements » qui asseyent cette foi. Enfin, le synode a formulé, pour une société disputée par les fanatismes religieux de tous bords, son souhait d'avoir « plus de dialogue et de coopération avec les musulmans, les adeptes des religions traditionnelles et ceux d'autres croyances ».
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