Ali Boukhlef
24 Octobre 2009
Dans la foulée de l'élaboration de la loi de finances 2009, le gouvernement a commis un crime de lèse-majesté : il a instauré l'obligation du contrôle phytosanitaire pour les produits importés, y compris... les livres.
Ce n'est pas une omission, mais c'est tout simplement une sottise. Et voilà que le rêve de voir le livre subventionné ou tout simplement détaxé s'évapore. La conséquence immédiate de cette décision est que les prix des livres n'ont pas simplement augmenté, mais ont atteint des prix inaccessibles, notamment pour ceux importés.
En effet, cette situation a aggravé une situation peu reluisante.
Déjà que plusieurs librairies avaient fermé pour des problèmes liés à la trésorerie. Des problèmes provoqués par leurs difficultés à vendre le livre. Eh oui, ironie du sort, les locaux qui abritaient ces librairies se transforment, souvent, en gargotes. C'est la situation d'un peuple qui tend d'abord à assouvir la faim du ventre avant celle de l'esprit. Mais cela est un autre problème. Une simple tournée dans les quelques librairies encore ouvertes dans la capitale -heureusement qu'il en reste quelques-unes- donne le vertige : des livres, dont certains ne sont pas forcément des best-sellers, se vendent à des prix dépassant tout entendement. Exemple choisi : des livres (dont des romans) de la série française Folio sont cédés à 2 000 DA et plus. Pis, les ouvrages des grandes éditions françaises (Gallimard, le Seuil et Flammarion...) sont écoulés à des prix parfois plus importants.
La même situation est vécue par l'édition arabophone. Il est vrai que cela arrange beaucoup plus l'édition nationale, puisque les livres imprimés en Algérie coûtent souvent moins de 1 000 DA, mais cela n'arrange pas trop les choses. D'abord à cause de la qualité médiocre de certains ouvrages (à commencer par le papier et l'impression).
Vient ensuite le problème de la disponibilité de certains livres, notamment ceux d'auteurs internationaux qui ne sont édités qu'à l'étranger.
Le comble est que cette situation est paradoxale. Puisque, jamais depuis l'indépendance il n'y a floraison de maisons d'édition comme c'est le cas actuellement. Comment ces éditeurs arrivent-ils à travailler, puisqu'il n'y a pas de vrai marché du livre ? La réponse à cette question est difficile. Mais le fait est là : il y a probablement plus d'éditeurs que de points de vente. Et le constat reste le même. L'Algérie ne dispose malheureusement pas d'une politique du livre. Et si le livre n'est pas disponible (et ce n'est pas forcément le cas), les lecteurs non plus ne sont pas là. Et c'est le cercle vicieux algérien.
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