La Prospérité (Kinshasa)
26 Octobre 2009
Kinshasa — La 14ème session ordinaire de la conférence des Chefs d'Etat et des Gouvernements des pays de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) tenue à Kinshasa, du 17 au 24 octobre 2009, a été celle de la passation de pouvoir entre Joseph KABILA et son homologue du Tchad, Idris Deby Itno.
Au-delà de tous les efforts consentis, pendant les deux mandats de la présidence congolaise pour l'intégration régionale, un seul constat amer s'est dégagé, à savoir que les Etats membres n'ont pas la volonté de mettre de l'argent dans la cagnotte.
En quelque sorte, ils n'ont pas donné à Joseph Kabila, les moyens de sa politique, malgré qu'il a, dans une juste mesure, accompli la mission qui lui était confiée lors du Sommet de Brazzaville, il y a de cela deux ans. S'agissait-il de la mauvaise foi des membres de cette institution sous-régionale ? Peut être, sans doute. Si non, pourquoi ont-ils brillé par l'indolence, l'aboulie et l'atermoiement quant au paiement des cotisations, du reste faibles ? La résultante directe de cette faiblesse, c'est bien la modicité du budget.
Pourtant, il est connu de tous que celui qui veut aller loin, prépare sa monture. Voilà pourquoi Joseph Kabila ne s'est pas empêché de dire que les négociations pour la modernisation de l'économie des Etats membres sont dans l'impasse. Or, il est avéré que les difficultés tentaculaires qui accablent la communauté régionale ne font que s'empirer et réduisent toutes les chances à court, moyen et long terme d'atteindre les objectifs que la CEEAC s'est assignée. Bien sûr que des études sont menées dans des différents domaines mais, aussi longtemps qu'elles ne seront pas mises en pratique, tous les voeux seront sans lendemain. Selon certains critiques, sans argent, la CEEAC est une machine lourde qui ressemble au steak à poivre, mais sans poivre. Alors, est-on conscient des enjeux de l'heure ?
Pendant que les autres se préparent pour les grands défis, que compte faire la CEEAC lors de la toute prochaine conférence de Nations Unies qui se tiendra à Copenhague sur le changement climatique ? En outre, que font les forces multinationales BARH-EL-GAZHEL, pendant que les FDLR et autres LRA sèment la mort au sein de la population ? Par contre, au lieu de parler intégration économique et libre échange, c'est plutôt les expulsions mutuelles des populations qui sont en vogue. Alors, à quand la consolidation des peuples. Outre tous ces aspects, il y a le problème de l'énergie qui se pose avec acuité.
C'est un réel coup fatal à l'industrie dans la sous région. Eu égard à ce sombre tableau, il y a lieu de souligner que le Président tchadien, Idris Deby, a du pain sur la planche. Il doit, non seulement tenter de résoudre la crise interne qui ronge son pays, mais aussi donner une autre impulsion au sein de la CEEAC pour que ses collègues posent des gestes conséquents pour parvenir à l'intégration régionale, la raison d'être de cette communauté.
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