La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Le 350ppm - Le pays enjoint les pays industrialisés à payer 17 milliards USD à la RDC

Eric Kassongo

26 Octobre 2009


Kinshasa — L'humanité fait face, non seulement à la crise économique mondiale, mais également et surtout au réchauffement climatique. Jusqu'à ce jour, beaucoup de gens n'ont pas encore été suffisamment informés sur la gravité de cette catastrophe naturelle.

Pour sensibiliser l'opinion sur le danger qui guète la planète sur ce bouleversement, une Journée Internationale du Climat instituée par les Nations Unies a été célébrée au monde entier, le samedi 24 octobre 2009. En RDC, il s'est tenue, à l'ISP/Gombe, une conférence sur le changement climatique sous le thème «La RDC et le changement climatique». Cette journée d'action en faveur du climat a réuni des professeurs d'université et experts en climatologie pour faire comprendre à l'opinion que la RDC, à l'instar des pays de la planète, n'est pas épargnée par cette catastrophe dévastatrice qui vient à grand pas.

A l'instar de Kinshasa, les villes de Mbandaka, Uvira et Lubumbashi se sont également jointes à cette journée. Il a été relevé que l'industrialisation pollue dangereusement l'atmosphère et influe négativement au réchauffement de la planète. La République Démocratique du Congo, à elle seule, regorge 145 millions d'Ha et que le bassin du Congo décaisse 17 milliards des tonnes de carbone.

Représentant le Ministre de l'Environnement, Tourisme, Eaux et Forêts, empêché, M. Vincent Kasulu a souligné que la Communauté Internationale devrait payer un équivalent de 17 milliards de Dollars l'an aux pays en développement, en échange du service que ceux-ci rendent à l'humanité. Parlant du protocole de Kyoto comme l'une des pistes de solution pour lutter contre le réchauffement climatique, Vincent Kasulu a tout de même fustigé le comportement des 32 pays les plus industrialisés dont le plus grand pollueur sont les Etats-Unis d'Amérique avec un record de 25%, soit le ¼ de la production mondiale qui, du reste, n'ont jamais signé ce protocole. Ce qui est à craindre, c'est le fait, en ce qui concerne la RDC, la déforestation et le déboisement favorisent la dégradation de la forêt, ce qui fait que si on y prend garde, d'ici 2015, soit dans 5 ans seulement, la température va arriver jusqu'à 50°C. Cette situation débouchera sans nul doute, sur la disparition des plusieurs Etats de la carte géographique. Cette catastrophe mondiale, doit interpeller les grands pollueurs de sorte qu'ils mettent la main dans la poche, de façon à lutter efficacement contre le réchauffement climatique, a-t-il conclu.

Le Professeur Rugendax s'est appesanti, quant à lui, sur différents types des pollutions auxquelles le monde fait face. Il s'agit de la pollution industrielle. Celle-ci n'est pas seulement de l'air, du sol ou de l'eau mais également visuelle et sonore. Toutes ces sortes de pollutions sont, a-t-il indiqué, causées par l'homme. Et la plus dangereuse c'est celle qui concerne l'air qui, devient, de plus pollué suite aux activités industrielles. Vu l'importance des informations auxquelles la population doit accéder pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, Me Erick Kassongo de 350 ppm a souligné, dans son allocution, qu'il est possible de lutter contre le réchauffement climatique afin de rendre la planète terre un espace viable.

Pour ce faire, les voix de milliers des personnes unifiées à celles de 350 peuvent être entendues par les pollueurs et changer la situation. C'est donc un appel commun pour agir. Beaucoup des scientifiques spécialistes du climat se sont accordés à dire qu'il faut impérativement que tout le monde comprenne que le réchauffement climatique est un phénomène qui n'épargne personne, d'où, la nécessité de tout le monde de s'y impliquer. Après les différentes interventions des experts et de différentes représentants des ONG qui luttent contre le réchauffement climatique, il a été procédé à un boisement symbolique de la cour de l'ISP/ Gombe. Des arbres y ont été plantés symboliquement pour montrer la détermination des Ong à lutter contre le déboisement et la dégradation de la forêt, source de réchauffement climatique.

Ainsi, un mémorandum a-t-il été remis au représentant du Ministre de l'Environnement, dont voici le contenu : Mémorandum à l'attention de Son Excellence Monsieur le Ministre de l'Environnement, Tourisme et Conservation de la Nature, à l'occasion de la Journée Mondiale d'action en faveur du climat Excellence Monsieur le Ministre, Nous, participants à la Journée Mondiale d'action en faveur du climat ce 24 octobre 2009 et réunis à l'Institut Supérieur Pédagogique de la Gombe ; Considérant l'importance de la République Démocratique du Congo dans les négociations internationales sur le climat pour lutter contre le Réchauffement climatique qui menace la planète, importance mesurable par l'abondance de ses ressources naturelles et de sa position stratégique dans le bassin du Congo ; Considérant la campagne mondiale dédiée à la mobilisation des leaders politiques et scientifiques du monde autour des solutions idéales à la crise climatique qui menace tous les écosystèmes, solutions que la justice impose Considérant la réunion décisive de la CCNUCC de décembre 2009 à Copenhague, au Danemark, où les délégués des gouvernements, des organisations non gouvernementales, ainsi que des entreprises de toutes les nations s'y rassemblent afin de préparer un nouveau traité sur le climat Mondial.

Considérant que les engagements à prendre par les uns et les autres, doivent nécessairement tenir compte des aspects liés à la science du climat si nous voulons être en sécurité et l'urgence de changer notre façon de vivre et contribuer tous aux actions de lutte contre les effets de changement climatique ; Considérant que le taux élevé actuel de carbone dans l'atmosphère met la vie planétaire en danger y compris la République Démocratique du Congo qui ne sera pas épargnée.

Considérant que la limite 350ppm, en discussion au sein de la communauté scientifique comparé aux 450ppm soutenus par d'autres scientifiques, commence à faire l'unanimité sur le fait que 350 le seuil du niveau de dioxyde de carbone (CO2) que l'atmosphère peut tolérer. Un indicateur clé du changement climatique.

Considérant les dernières études qui montrent que le taux actuel de dioxyde de carbone dans l'atmosphère s'élève à 387ppm (parties par millions), un chiffre en hausse d'environ 2 parties par millions chaque année ; Vu l'urgence et la nécessité ; Recommandons ce qui suit : Que la République Démocratique du Congo lors des Négociations Internationales en cours sur le climat, préparant un traité climatique Post Kyoto, soutienne 350ppm et fasse de ce chiffre un de ses objectifs principaux et puisse privilégier et plaider pour un traité juste, équitable et fondé sur la science. Fait à Kinshasa, le 24 Octobre 2009 Pour l'équipe 350.org-RDC Me.

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