Patou Nsimba
26 Octobre 2009
Kinshasa — L'extraordinaire croissance économique, à deux chiffres, notée, ces dernières années, en Angola, a permis une relative attention vers la restauration de certains monuments. Ce sont le palais de la Dona Ana Joaquina, ancienne propriété de la plus grande trafiquante d'esclaves dans la colonie, au XIXème siècle, ou la réputée chapelle de Luanda sud, et un meilleur entretien de divers sites historiques.
Il a été indispensable, donc, pour suivre et maximaliser cette dynamique, d'investir dans l'ensemble des vestiges, avec des travaux d'entretien continu, de revalorisation significative et d'une meilleure exploitation des sites, ainsi que la rénovation des édifices ou, à moyen terme, la construction, à divers niveaux, de nouveaux musées de l'esclavage. C'est bel et bien ce qui pousse de milliers d'expatriés, de venir et chercher à mieux connaître l'histoire de l'Angola, surtout, la plus longue, celle de la période du « captive passage » transatlantique.
L'on ajoute à cette catégorie d'étrangers, les touristes classiques, dont prés de trois cent mille ont visité le « pays de Juan Garrido», en 2008, soit une augmentation de 60%, en comparaison aux années antérieures. Cette indication est encourageante et suppose l'ouverture de plusieurs opportunités économiques, sociales et professionnelles pour le secteur du patrimoine historique lié à «la route de l'esclave» des loangos, malembos, cabindas, congos, ngolas, mundongos, matambas, cassanjes e benguelas.
Comme les autres territoires adjacents les cotes de l'Afrique occidentale, l'espace constitué par l'actuelle Angola a été articulé au trafic des esclaves orienté vers le golfe de Guinée, dès la fin du XVème siècle, et juste après, vers la péninsule ibérique et le nouveau monde.
L'ardente mise en oeuvre et l'impressionnant développement de ce négoce se sont réalisés sur des sites naturels. L'on peut citer, les sites-d'anciennes factoreries de Malembo, la baie de Cabinda, l'embouchure du Zaïre avec ses « ports » de Mpinda et Porto Rico, les entrepôts esclavagistes de Ambriz e Nzeto, la ville asservissante de Sao Paulo de Luanda, capitale de la colonie d'Angola, avec son ensemble d'infrastructures telles que la forteresse Sao Miguel, les sites «les Portes de la Mer», «le Terrain Public», « la rue des Marchands » , l' Eglise du Carmo, le Palais Dona Ana Joaquina et le baptistère du « Tertre de la croix », qui abrite, aujourd'hui, le musée de l' esclavage. Outre dans le dispositif militaro-esclavagiste loandense, on inclut le fort de Massangano.
Dans la partie sud, on doit classer la commune de Dondo et son port fluvial. C'est le site d'arrivée et de retour de caravanes de captifs entre l' hinterland et la cote, les embarcadères de Benguela-La-Vieille, aujourd'hui, Porto Amboim. L'actuel Benguela constitué de son complexe douanier et Namib, anciennement Mocamedes, avec ses entrepôts.
Considérant les finalités culturelles, économiques et sociales, visiblement substantielles, des perspectives présentées, il est utile de soutenir, pleinement, la mise en oeuvre du « The Southern African Slave Wrecks and Heritage Route Project ».
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