Fasozine (Ouagadougou)
Roger Niouga Sawadogo
26 Octobre 2009
Les autorités sénégalaises sont à la recherche de 670 mille moutons pour fêter la Tabaski fixée au 28 novembre dans ce pays. Au Burkina, pays d'élevage par excellence, cet appel du pied sénégalais semble peu intéresser les éleveurs.
Il est presque 11h ce lundi 26 octobre 2009, lorsque nous franchissons le portail du marché de bétail du secteur 23 à Tanghin. C'est un marché de petits ruminants construit par la municipalité. En cette fin de matinée, il n'y a pas beaucoup de monde. De jeunes vendeurs nous accostent dès le portail: «moutons de Dori», «mouton pour Tabaski», «mouton de Djibo», «Bali bali », «race locale».
Ici, visiblement, les vendeurs n'ont pas reçu «le SOS» du Sénégal. Il faut se livrer à une séance d'explications. A peine avons-nous commencé l'exercice que nous sommes interrompus par la voix grave d'Ousmane Savadogo, un petit commerçant installé sur les lieux, qui nous explique que dans ce marché, il y a toutes les espèces qu'il faut. Ousmane Savadogo est à son tour interrompu par Issaka Tiemtoré, le délégué des vendeurs. «Le Sénégal demande des moutons de qualité et non des petites espèces. Les consommateurs sénégalais sont habitués aux espèces bien charnues du Brésil et de l'Argentine», nous explique t-il, avant de nous assurer qu'il possède une expérience d'une dizaine d'années dans le commerce de bétail. Il dit avoir connu des importateurs de bétail sénégalais au cours d'un de ses voyages d'affaires au Gabon. Il y avait une rude concurrence à l'époque, se souvient-il. Les Sénégalais importaient leurs bêtes par bateau, ce qui leur revenait moins cher par rapport au transport aérien qui coûtait les yeux de la tête aux burkinabè.
Issaka Tiemtoré et ses camarades sont unanimes : «le commerce de bétail en direction du Sénégal coûte cher et n'est pas rentable». Il faut effectuer le déplacement en avion, ou passer des jours entiers en camion. A cause de la cherté du transport, il y a une faible rentabilité, sans compter le fait que toutes les espèces ne peuvent pas trouver de preneur sur le marché sénégalais.
«C'est différent de la Côte d'Ivoire où toutes les bêtes sont écoulées à chaque déplacement», commente Issaka Tiemtoré. «Avec 1 million ou deux, les bêtes peuvent être transportées en Côte d'Ivoire, alors qu'il faut encore plus d'argent pour le Sénégal. Et encore, il n'y a pas de garantie», ajoute t-il. Ce n'est pas l'avis du vieux Harouna Ouédraogo, qui regrette que le burkinabè n'aime pas courir les risques.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Fasozine. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.