Matshi
27 Octobre 2009
Kinshasa — Comment un militaire doit-il protéger les civils durant la guerre ? Quel type d'arme peut-il utiliser en pleine cité habitée par des civils ? Autant de questions et bien d'autres qui font l'objet d'une formation des défenseurs des droits humains destinées aux sous-officiers, officiers et généraux des FARDC dispensée par les marines américains de DIILS qui sillonnent actuellement les onze régions militaires congolaises.
Des militaires défenseurs des droits humains. Cela ne s'était pas entendu depuis longtemps en RDC. C'est pourtant là une mission qu'accomplit depuis le 19 octobre en cours en RDC une équipe de marines américains de l'Institut des études juridiques internationales du Département américain de la Défense (DIILS) dans le cadre de la réforme des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
D'autant que la réforme des FARDC suppose, non seulement des équipements modernes, mais aussi et surtout des hommes de troupes bien formés, respectueux des lois et consignes, particulièrement en temps de guerre.
C'est ainsi que des sous-officiers, officiers et généraux de la 11ème région militaire de Kinshasa ont été conviés à un séminaire de formation organisé à leur intention par une délégation de l'Institut des études juridiques Internationales du Département américain de la Défense (DIILS) du 19 au 21 octobre au Centre du Groupement des Ecoles supérieures militaires (GESM) à Binza.
Le thème principal de cette session de formation accélérée de trois jours est : « L'Etat de Droit et la Justice Militaire dans une Force Militaire Professionnelle en République démocratique du Congo». Il vise, ainsi que ses sous thèmes, le respect des droits humanitaires et des consignes par les troupes, mais surtout à éviter les effets collatéraux pendant la guerre.
Environ cinquante sous-officiers, officiers et un général de brigade, le général Prosper Nabiola, commandant de la 11ème région militaire, ont pris part à cette session de formation.
Les exposés faits en majorité par les membres de la délégation du DIILS ont porté notamment sur «L'Etat de Droit et le rôle d'un commandant militaire dans les opérations militaires disciplinées», «L'Organisation et le fonctionnement du système de la justice militaire congolaise», « Les infractions les plus graves et les peines », « La lutte contre la corruption dans une force armée», « La violence sexuelle en RDC et la loi militaire congolaise».
«Forces armées et la violence sexuelle : approche des Etats-Unis », «Les droits de l'homme, la loi internationale humanitaire et le droit des conflits armés interne», «La responsabilité pénale et morale du commandant» en temps de guerre sont d'autres thèmes qui ont été traités..
Sur ce dernier point, un membre du DIILS a souligné qu'en temps de guerre, la responsabilité du commandant des troupes est totale. Celui-ci doit connaître tout ce que fait chaque homme de troupe sous ses ordres et répondre de chacun de leurs actes.
Que n'a-t-on pas entendu dire que « l'infraction est individuelle ? ». Mais durant les opérations ou pendant la guerre, un commandant est responsable de tout acte commis par chaque homme de troupe. Il doit donc veiller au bon comportement de chacun d'eux, s'il veut éviter qu'un mauvais comportement d'un soldat ne retombe sur lui.
Bref, les participants ont eu autant d'instruments juridiques qui feront d'eux désormais des hommes des troupes sachant bien se comporter aussi bien entre eux-mêmes, vis-à-vis des prisonniers de guerre et surtout des populations civiles pendant la guerre.
Ce qui a fait dire au commandant de la 11ème région militaire, le général de brigade Prosper Nabiola, lui-même séminariste de cette session, qu'ils disposaient maintenant des connaissances qui leur permettront de reconquérir la confiance de la population qui n'a plus foi dans le militaire congolais.
Aussi, a-t-il demandé, après avoir remercié le chef d'Etat-major général des FARDC pour le bénéfice de cette formation, à la délégation de l'armée américaine d'organiser des séminaires analogues pour le renforcement aussi bien des capacités que de la discipline au sein des FARDC. Un brevet, un recueil de lois nationales et internationales édité aux USA avec l'aide de la Monuc et intitulé « Manuel de la justice » ont été remis aux participants.
La délégation de DIILS, qui séjourne actuellement dans le Sud-Kivu, après Kinshasa et Nord-Kivu passera dans toutes les 11 régions militaires de la RDC pour une mission analogue.
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