Monsa Iyaka Duku
27 Octobre 2009
Kinshasa — Elle va tenter de ravir la position de chef d'Etat à Paul Kagame, au pouvoir au Rwanda depuis quinze ans, lors de l'élection présidentielle d'août 2010. Victoire Ingabire Umuhoza, 40 ans, réfugiée politique aux Pays-Bas, dirige depuis trois ans les Forces démocratiques unifiées (FDU), un regroupement de partis d'opposition au sein de la diaspora rwandaise, qui compterait un demi-million de personnes.
Victoire Ingabire Umuhoza a quitté son pays en mars 1994 pour aller étudier aux Pays-Bas. Elle compte retourner prochainement au Rwanda pour commencer sa campagne. Elle ne ménage pas ses critiques à Kagame, qui a pris le pouvoir après le génocide de 1994. «On a cru à une réconciliation et à des institutions qui 'excluraient personne », rappelle-t-elle dans l'hebdomadaire québécois Le Devoir. Mais elle n'y croit plus. «Les Hutu, majoritaires, sont très souvent exclus des écoles du monde du travail ». Umuhoza sait qu'il sera difficile de battre Kagame, candidat à sa propre succession et passé maître dans l'art de museler l'opposition. Pourtant, elle pense que le vent commence à tourner.
« Le FPR (Front patriotique rwandais, le parti de Kagame) a fait chanter la communauté internationale, qui s'est sentie coupable de n'avoir pas su empêcher le génocide. Mais les pays donateurs ont commencé à critiquer ce gouvernement, et même à couper l'aide quand il a de nouveau attaqué le Congo, en 2008 ».
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Les Rwandais ont absolument besoin d'un changement de pouvoir afin de commencer à une vrai réconciliation dans le pays. La justice, et en première place le gacaca est un mensonge, c'est une caricature de la justice. Il y a maintenant plus des innocents dans les prisons que des coupables génocidaires (qui sont d'ailleurs libres). Le gacaca est plutôt un moyen de terroriser la population campagnarde, et de terroriser les rescapés. Le pouvoir est au 'retournés', ceux qui viennent de l'extérieur après 94. Ce sont eux qui ont les meilleurs postes. Apparemment, on a pas de confiance aux rescappés, c'est comme ils sont tous des génocidaires potentiels. Le gacaca accuse des gens pour des choses les plus ridicules, sans preuve, ou avec des preuves fabriqués. Les témoins en faveur de l'accusé se taisent, par peur d'être accuser eux-mêmes. En plus, il y a beaucoup d'influence politique dans le gacaca, par des 'haut-placés' probablement corrompus (ou incapables). Le Rwanda a absolument besoin d'un changement, en première place dans la justice.