Bachirou NANA
27 Octobre 2009
Lors des IVe Journées européennes du développement, dans la matinée du 23 octobre à Stockholm, de nombreuses personnalités de l'Union européenne et des pays partenaires ont partagé leurs réflexions et expériences sur l'aide au développement, la démocratie, la crise économique et l'adaptation aux changements climatiques.
Le Président du Faso lors du VIIe Forum mondial du développement durable a souligné l'importance des réponses aux changements climatiques dans la lutte contre la pauvreté. "L'Afrique est l'une des régions du monde les plus vulnérables aux effets des variations climatiques... plusieurs pays ont été profondément affectés au cours de l'année 2009 par les sécheresses ou les inondations qui ont aggravé l'insécurité alimentaire et entraîné le déplacement massif des populations", a relevé le Président du Faso, Blaise Compaoré, dans son discours lu à Stockholm par le Premier ministre Tertius Zongo. Particulièrement au Burkina Faso, "les grandes pluies de septembre dernier ont provoqué de graves inondations et occasionné des pertes en vies humaines et d'importants dégâts sur les ouvrages et infrastructures publics".
Le chef de l'Etat burkinabè qui assure le leadership africain sur les réponses aux changements climatiques est d'avis que les pays du continent doivent recevoir des compensations financières des pays développés, les plus pollueurs, afin de lutter contre le réchauffement de la planète et les catastrophes qu'il engendre. "Les grands pays émetteurs de carbone doivent réagir de manière efficace. De concert avec les pays en développement, ils doivent Å"uvrer au succès de la prochaine rencontre de Copenhague", a-t-il souligné. Facilitateur dans plusieurs crises africaines, Blaise Compaoré a également insisté sur l'amélioration continue des systèmes de gouvernance, facteur de paix, de stabilité et de développement.
Il a également été question de la politique de l'aide au développement. Le commissaire européen pour le développement et l'aide humanitaire Karel de Gucht a relevé que : "Notre aide sera plus efficace en nous concentrant sur les résultats plutôt que sur les intentions des pays bailleurs de fonds". De même que le Président du Faso, il a soutenu que le bon fonctionnement de la démocratie concourt à un développement réel et durable. Le coprésident de l'Assemblée paritaire Union européenne (UE) Afrique-Pacifique-Caraïbe (ACP) Louis Michel, a noté ceci dans un discours plein d'emphases : "La crise économique ne doit pas nous (UE) détourner de nos engagements en faveur de l'aide.
Des promesses ont été faites et il faut les tenir. Il faut plus d'aide au développement par l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement ". De nombreux témoignages ont aussi édifié l'assemblée réunie dans la vaste salle de conférences du Stockholmsmässan. "Notre pays est en danger avec la fonte des glaciers de l'Himalaya", a confié le Premier ministre du Bangladesh Mme Sheikh Hasina. "La sécheresse, les inondations...menacent nos pays", a ajouté le Premier ministre du Kenya Raïla Odinga. "Nos pays insulaires seront engloutis par la hausse du niveau de la mer", a déclaré le Premier ministre du Vanuatu Edward Natapei. Pour la présidente de la communauté inuite du Canada Mary Simon "les glaciers de l'artique sont en train de fondre. Notre territoire sera englouti si on n'y prend garde".
Le prix Nobel de Chimie 1995, le Pr Mario Molina est revenu sur les dangers de l'effet de serre : "la communauté scientifique prévoit des changements irréversibles du climat". Les conférenciers de Stockholm ont tous souligné la nécessité d'un accord en décembre prochain à Copenhague afin de préserver les générations présentes et futures des catastrophes liées au réchauffement climatique. L'ancien présidente d'Irlande et vice-présidente du club de Madrid Mary Robinson et le coprésident de l'Assemblée parlementaire UE-ACP Louis Michel ont parlé d'instaurer une "Justice climatique" pour sauver la planète à Copenhague. Actuellement, il y a une injustice parce que des pays subissent les conséquences du réchauffement climatique sans être responsables, il leur faut alors des compensations des pays pollueurs afin de s'adapter. Le directeur exécutif d'Oxfam international Jeremy Hobbs, a lui, prévenu : "Il ne faut pas recycler de vieilles promesses d'aides à Copenhague. Pas de nouvel argent, pas d'accord".
Selon la vice-présidente de la commission européenne, la suédoise Margot Wallström, "Il n'y aura pas de gagnant ou de perdant à Copenhague. Nous n'avons qu'une seule planète, il n'y a pas de planète B. Nous serons tous gagnants ou tous perdants". Les orateurs ont fait remarquer que l'adaptation aux changements climatiques sont une priorité de développement. "Les fonds de lutte contre le réchauffement climatique ne doivent pas être au détriment de l'aide au développement", a renchéri Margot Wallström. Pour elle, la "Justice climatique est un partage de fardeau sur le principe du pollueur-payeur". "Nous allons faire en sorte que les responsables mondiaux honorent leurs engagements à Copenhague", a promis Karel de Gucht. Le ministre suédois des Affaires étrangères Carl. Bildt a souligné la nécessité des JED 2009, qui ont réuni près de 5 000 participants et d'illustres conférenciers. A l'issue des débats, il a confié que l'espoir est permis à Copenhague.
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