San Evariste Barro
26 Octobre 2009
Donner une nouvelle impulsion à l'évangélisation, à la consolidation et à la croissance de l'Église ainsi qu'à la promotion de la réconciliation et de la paix sur le continent africain. Ce sont là les objectifs du 2e synode pour les évêques d'Afrique qui s'est tenu à Rome, au Vatican, du 4 au 25 octobre 2009. Près de 200 prélats venus d'Afrique ont planché durant trois semaines, sur le thème de « L'Eglise au service de la réconciliation, de la justice et de la paix ».
Ce 2e synode avait été annoncé par le Pape Jean Paul II le 13 novembre 2004. Benoît XVI a aussi fait sienne l'idée de cette rencontre spéciale des évêques d'Afrique. Et le 19 mars 2009, lors de la messe qu'il a célébrée à Yaoundé, le Saint-Père a remis l'instrumentum laboris, c'est-à-dire le document de travail du synode, aux présidents des conférences épiscopales nationales et régionales du continent.
Cet instrumentum laboris est un document qui compte quatre chapitres, le tout précédé d'une préface qui offre une clé christologique de la lecture et de la compréhension du texte.
Le premier chapitre décrit la situation actuelle de l'Eglise en Afrique et examine l'application de l'exhortation apostolique Ecclesia in Africa (1995), et son actualité dans le nouveau contexte social. Plusieurs points critiques dans le milieu culturel, économique et politique y sont soulignés, et quelques réflexions théologiques sur la réconciliation, la justice et la paix comme concepts de base du prochain Synode y sont exposées.
Le deuxième chapitre présente la priorité de la réconciliation, de la justice et de la paix en Afrique. La notion africaine de réconciliation est intimement liée au concept de justice et de paix avec l'intention de restaurer l'harmonie entre la personne offensée et celui qui offense et avec la société en général.
Le troisième chapitre souligne la mission de l'Eglise, famille de Dieu, qui se convertit par sa conduite en signe et instrument de réconciliation. Pour promouvoir la justice et la paix, elle s'engage dans l'évangélisation et dans la promotion humaine au service de tous à travers ses institutions éducatives, sanitaires et les programmes de développement.
L'Eglise catholique est ouverte au dialogue avec les autres Eglises et communautés ecclésiales, ainsi qu'avec les religions traditionnelles africaines et avec l'islam.
Le quatrième chapitre propose une réflexion sur le témoignage de vie de tous les membres du peuple de Dieu : évêques, prêtres, consacrés, laïcs en incluant aussi toutes les structures et institutions ecclésiales. L'accent est mis sur la mission particulière des chrétiens engagés dans la société : en politique, dans les forces armées, dans l'économie, dans l'éducation, dans la santé, dans la culture, dans les moyens de communication sociale, dans les organismes internationaux.
L'Instrumentum Laboris se termine par une prière à Notre-Dame d'Afrique, composée par le Pape Benoît XVI, pour la bonne préparation et l'issue des travaux synodaux.
Au Vatican, durant trois semaines, les participants au synode se sont longuement penchés sur les causes des guerres, des maladies, de l'analphabétisme et de la pauvreté qui frappent le continent. A la fin des travaux, Benoît XVI, revenant sur le thème du synode, a estimé que réconciliation, justice et paix impliquent certainement une forte dimension politique.
Il a reconnu que « rien n'est possible sans une profonde purification du cÅ"ur qui doit résulter de la rencontre avec Dieu. Sans réalisation politique, cette nouveauté de l'Esprit ne peut se réaliser. Pour éviter la politisation, le danger serait de se retirer du monde. Les pasteurs doivent donc donner une parole concrète, mais spirituelle » .
« Confiance ! Lève-toi, continent africain ! » a déclaré le Pape tout en rappelant « la prédilection de Dieu pour ceux qui sont privés de liberté et de paix, pour ceux qui sont violés dans leur dignité de personnes humaines ».
C'est bien en souffrant dans leur chair que les évêques voient des enfants-soldats à qui on donne des kalachnikovs, qu'ils voient leurs diocèses se vider de millions d'émigrants qui vont mourir dans ces cimetières à ciel ouvert que sont devenus la Méditerranée, le Sahara ou la grande forêt du Congo, qu'ils voient une partie des élites africaines participer au pillage de leur pays, qu'ils voient des familles entières décimées par le sida.
Ces vérités, les évêques d'Afrique ont pu se les partager durant le synode et l'ont dit haut et fort au monde entier à la fin de leurs travaux. Il faut rappeler que le premier synode consacré à l'Afrique a eu lieu en avril 1994 et avait pour thème : « L'Eglise-Famille de Dieu ». Un thème qui a ouvert l'Église d'Afrique aux nouveaux besoins : de justice, de paix, de réconciliation qui ont été les mots clés du thème de ce second synode.
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