Léon Zénan Tadonkeng
27 Octobre 2009
interview
L'expert explore des pistes pour une solution de long terme pour la lutte contre cette forme de pollution.
Après de nombreuses années de navigation à vue et surtout une totale inertie dans la gestion des structures hospitalières au Cameroun, force est de constater que les langues commencent peu à peu à se délier notamment grâce au scandale environnemental que nous venons de vivre dans une banlieue de Yaoundé (Nkoumetou). La question à poser est de savoir si le scandale des déchets hospitaliers peu susciter une prise de conscience réelle de la part des autorités camerounaises?
S'achemine-t-on vers la normalisation du secteur du traitement des ordures médicales Seringues, lames de bistouris, plâtres, pansements, scalpels, gants, sondes, foetus, placentas, fragments d'organes, qui ne finissent pas de s'entasser ou mal gérer dans les hôpitaux des grandes villes camerounaises? En effet, les hôpitaux, centres de santé et laboratoires d'analyses médicales produisent chaque année des tonnes de déchets de toutes sortes que le ministère de la santé publique en collaboration avec les municipalités devraient en savoir le tonnage exact en vue de mieux planifier la gestion et le traitement.
Comment se débarrasse-t-on de ces produits parfois dangereux et toxiques?
Qu'est ce qui handicape le secteur de traitement des déchets hospitaliers dans notre pays et qu'en est-il des perspectives? Au Cameroun, chaque année, les hôpitaux et cliniques dégagent une très grande masse, de sous-produits hospitaliers, auxquels viennent s'ajouter ceux issus des cabinets médicaux privés et des particuliers qui font usage de matériel médical (des seringues pour l'injection d'insuline, par exemple).
A ma connaissance (je peux me tromper) aucune structure hospitalière au Cameroun ne dispose d'un broyeurs - stérilisateurs pour le traitement des déchets médicaux au sein des principaux hôpitaux régionaux, notamment à Yaoundé, Douala, Garoua, Maroua, etc. , car cette petite unité de traitement loin de résoudre le problème dans son entièreté, permet quand même au sein des hôpitaux d'éliminer une grande parties des déchets produits et de traiter spécifiquement ceux considérés comme dangereux (déchets radioactifs).
Une petite unité de traitement dans un hôpital (broyeur-stérilisateur) peut revenir au prix unitaire de 200 000 euros, ce qui fait un budget de 2 millions d'euros pour les 10 régions en mettant l'accent sur Yaoundé et Douala. Pour un début, cela serait très intéressant pour notre pays.
Va surgir le problème de l'entretien de ce matériel et de la formation du personnel d'exploitation. D'où la naissance des sociétés privées spécialisées dans la collecte, le transport et le traitement des déchets hospitaliers.
L'Etat doit encourager à travers des subventions ou diminution des taxes, le secteur privé à se mobiliser dans ce sens, la création de sociétés de traitement de déchets s'avère importante de nos jours, ces dernières peuvent se doter d'usines ou de stations de collecte, de stérilisation et de destruction en attendant, les services médicaux doivent sensibiliser et former du personnel pour trier et collecter les déchets.
(Ingénieur polytechnicien en géoscience, Master en Gestion et traitement des eaux, des sols et des déchets 5 rue Dampierre, 75019 Paris - France)
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