Souley Onoholio
27 Octobre 2009
interview
Qu'est ce qui peut-être fait pour un meilleur épanouissement du secteur touristique et celui de la restauration ?
Il faut soigner nos rapports avec l'administration. Nous avons souvent l'impression d'être sous-sollicités, que beaucoup de décisions concernant les métiers de tourisme sont prises par des gens qui ne sont pas intéressés au tourisme, qui ne connaissent pas le tourisme et qui ne savent pas de quoi il est question. Nous aimerions être suffisamment impliqués quand les décisions sont prises, pour qu'ensemble, nous allions dans le même sens. L'autre problème qui plombe le tourisme c'est que nous avons une tutelle qui n'a pas les moyens de la politique qu'elle devrait observer. Au ministère du Tourisme, il y a un véritable déficit des ressources humaines. Je suis le président du syndicat dans une région où le ministère n'est représenté que dans quatre départements alors qu'il y en a dix. Si on veut être performant, il faut rendre disponibles les statistiques qui sont très importantes, surtout quand on est bien convaincu d'être une destination touristique. La statistique touristique est un sujet très précieux.
On dit que le tourisme au Cameroun coûte cher ?
Le visa d'entrer au Cameroun coûte cher. C'est 100 euros par personne, quand on vient de l'Occident. Un autre pays africain comme le Kenya est à 25 dollars par personne. Dans ce pays, les enfants ne payent pas. Au Cameroun malheureusement, même un enfant de deux ans doit payer les mêmes 100 euros. Cela fait que la destination touristique du Cameroun coûte trop chère ; ne serait ce qu'en terme d'accès. Une autre raison de cette cherté, c'est qu'on n'a pas encore admis les charters au Cameroun. Alors qu'ils sont pourtant un mode économique du transport. Le billet d'avion coûte trop cher. On a l'impression que les compagnies s'arrangent à maintenir les prix à un certain seuil. Sur place au Cameroun, on se rend compte que par rapport à d'autres nations, même les denrées coûtent chères. Alors que dans l'Union Européenne, on s'échine à résoudre le problème à travers une fiscalité beaucoup plus adaptée, nous ne comprenons pas pourquoi l'on continue à demander aux restaurateurs de payer le même taux de Tva pour les biens de première nécessité alors qu'ils ont été défiscalisés. Les restaurateurs ont le sentiment de vivre une injustice.
Quels sont vos rapports avec le ministère du Tourisme qui est votre tutelle?
A Yaoundé, nous avons deux niveaux de contact avec le ministère du Tourisme. Le premier, le plus naturel, c'est avec la délégation régionale du Tourisme. Avec elle, les choses se passent très bien. Nous savons nous rencontrer lorsque la profession est mise en cause et de part et d'autres, chacun assumant ses responsabilités. Nous avons veillé jusque là à ce que le monde du tourisme soit perçu sous un aspect positif. Il faut reconnaître quand ça va bien ; bien qu'étant syndicaliste, on ne doit pas se limiter qu'à dire que ça va mal. Avec la délégation régionale, nous avons de très bons rapports de collaboration. Quand la région à besoin de nous, elle sait se rapprocher de la hiérarchie du syndicat et les membres sont effectivement mobilisés d'autant plus que jusqu'ici, les sollicitations nous paraissent nobles. L'autre niveau de rapport, c'est avec le ministère de façon directe.
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